Judaïsme

Le cessez-le-feu est tombé à temps : une Mimouna sous le signe du relâchement

Après quarante jours de guerre, la sortie de Pessah a pris cette année en Israël une tonalité bien particulière : celle d’un vrai relâchement, sans pour autant faire oublier que la menace, elle, n’a pas disparu.

3 minutes
9 avril 2026

ParDelphine Miller

Le cessez-le-feu est tombé à temps : une Mimouna sous le signe du relâchement
Photo Chaim Goldberg/Flash90

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Mercredi soir, la Mimouna a été célébrée dans de nombreux endroits du pays avec une émotion inhabituelle. Après des semaines de guerre, des nuits hachées par les alertes, et alors que de nouvelles salves avaient encore visé Israël juste avant l’entrée de la fête puis durant la nuit, beaucoup ont vécu cette soirée comme une respiration collective. Dans plusieurs villes, les tables se sont remplies, les portes se sont rouvertes, et la fête de fin de Pessah a retrouvé sa vocation la plus profonde : marquer, ne serait-ce qu’un instant, un retour à la vie ordinaire. Mais personne ne s’y trompait vraiment. Le cessez-le-feu n’est qu’une pause de quinze jours sur le front iranien, tandis qu’au nord, la pression reste forte face à la menace persistante du Hezbollah.

À la salle des fêtes de Ramat Gan, la soirée devait au départ se tenir en format restreint, avec de petits groupes, afin de respecter les consignes du Front intérieur. L’annonce du cessez-le-feu a finalement changé la donne et permis à la célébration de prendre une tout autre ampleur. Ce retour à une forme de normalité n’a toutefois pas été uniforme : si les restrictions ont été levées dans la majeure partie du pays, le nord restait soumis à certaines limites. À Haïfa, la municipalité a d’ailleurs précisé que la ville continuerait à fonctionner selon les consignes du Front intérieur, dans l’attente d’une mise à jour.

Ailleurs dans le pays, la Mimouna a également été marquée à Jérusalem, à l’hôpital Rambam de Haïfa et au moshav Dishon, près de la frontière libanaise. À Rambam, la célébration s’est tenue dans un espace protégé, avec la participation de patients, de soignants et de familles. Même dans le nord, où la situation reste tendue, la fête a donc trouvé sa place, avec sobriété.

Cette Mimouna a ainsi reflété l’état d’Israël tout entier : un pays heureux de pouvoir respirer quelques heures, sans se convaincre pour autant que la guerre est finie.

En Israël, cette fête n’est plus depuis longtemps réservée aux seuls Juifs marocains ; elle est devenue un rendez-vous populaire, partagé bien au-delà de cette communauté, autour de la moufleta, de l’hospitalité et d’un certain art de se retrouver. Selon Israel Hayom, Benjamin Netanyahu a lui aussi publié un message à l’occasion de la Mimouna, la qualifiant de fête « d’ahva, emouna vé-simha » — de fraternité, de foi et de joie.

Et comme pour rappeler que cette parenthèse était déjà en train de se refermer, de nombreux enfants ont repris ce matin le chemin de l’école, au grand soulagement de leurs parents et avec la joie simple de retrouver enfin leurs camarades de classe.

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