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Missiles, pétrole et influence : ce que disent les médias étrangers sur la guerre en Iran

Alors que le cessez-le-feu entre en vigueur, les médias étrangers mettent en avant trois dynamiques majeures liées à la guerre : l’efficacité des missiles iraniens face aux systèmes de défense, la pression stratégique autour du détroit d’Ormuz et une bataille de récits qui brouille la lecture du rapport de force.

5 minutes
9 avril 2026

ParNathalie Sosna Ofir

Missiles, pétrole et influence : ce que disent les médias étrangers sur la guerre en Iran
« L’avantage iranien », une illusion

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TWZ : Comment l’Iran a contourné les boucliers antimissiles

« Les Iraniens ont trouvé un moyen inquiétant de contourner de manière constante les systèmes de défense israéliens à l’aide de missiles balistiques libérant un flot de munitions à fragmentation à très haute altitude au-dessus d’Israël », rapporte le site américain spécialisé dans l’analyse militaire.

Selon ce média, il est probable que d’autres acteurs, comme la Chine, la Russie et la Corée du Nord, adoptent à l’avenir cette tactique iranienne. Les bombes à fragmentation exercent également « une pression croissante sur des stocks d’intercepteurs intermédiaires en diminution, qui doivent intercepter les menaces avant qu’elles ne libèrent leur charge ». Au cours de la guerre « Rugissement du Lion », l’Iran « a tiré plus de 500 missiles balistiques en direction d’Israël, dont au moins 30 portaient des ogives à fragmentation ».

L’Iran a développé plusieurs types de sous-munitions qui suivent généralement une trajectoire parabolique en trois phases : propulsion, phase intermédiaire hors atmosphère, puis phase terminale lors de la descente. Une ogive à fragmentation iranienne contient « entre 20 et 30 sous-munitions », tandis que des missiles plus lourds, comme ceux de la famille Khorramshahr, peuvent en transporter jusqu’à 80. Chaque sous-munition contient entre 2 et 5 kilogrammes d’explosifs, dont l’impact est amplifié par leur vitesse élevée. L’Iran les appelle « ogives de pluie », car elles se dispersent sur une zone plus large qu’une ogive classique. Le régime utilise notamment le missile Khorramshahr, capable d’emporter une charge importante de sous-munitions qui se dispersent à la rentrée dans l’atmosphère, posant un défi majeur aux systèmes de défense avancés et provoquant des dégâts étendus, y compris parmi les civils.

Le système israélien Fronde de David peut intercepter des menaces jusqu’à environ 15 kilomètres d’altitude, mais cette capacité dépend de facteurs comme la position du lanceur. Des systèmes plus avancés, comme THAAD ou les missiles SM-6, opèrent à des altitudes supérieures, mais restent eux aussi limités. Face aux bombes à fragmentation, l’interception en phase intermédiaire devient cruciale, avant la dispersion des sous-munitions. Or, les stocks d’intercepteurs avancés comme le SM-3 ou Arrow 3 sont limités, coûteux et longs à produire.

Bloomberg : Trump ébranle l’ordre mondial, qui protégera les routes commerciales ?

« Parmi toutes les mesures prises par le président Trump pour perturber le commerce mondial, des droits de douane punitifs à la remise en cause des accords commerciaux, peu sont aussi significatives que son retrait et le fait de laisser le reste du monde sécuriser le golfe Persique », rapporte

Pendant des années, la politique américaine « a assuré l’ouverture des routes maritimes qui transportent environ quatre cinquièmes du commerce mondial, estimé à 35 000 milliards de dollars ». Mais aujourd’hui, « la simple menace de réduire la sécurité dans le détroit d’Ormuz pourrait ébranler la confiance dans l’un des piliers de l’économie mondiale et de la puissance américaine ».

Depuis la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis utilisent leur marine pour garantir la liberté de navigation, lutter contre la piraterie et empêcher toute entrave aux routes commerciales. Ces garanties ont permis une circulation fluide des ressources, du pétrole et des marchandises.

Le vice-amiral à la retraite John W. Miller souligne : « La libre circulation dans le détroit est un principe central de ce conflit. Un échec à la garantir mettrait en danger l’ensemble de la navigation mondiale. »

Des responsables européens et asiatiques estiment que le conflit a entamé la confiance dans le rôle des États-Unis comme garant des mers, suscitant des inquiétudes sur les prix de l’énergie et la sécurité maritime.

Même en cas de cessez-le-feu, les perturbations pourraient se prolonger. Certains analystes avertissent qu’un accord sans réouverture effective du détroit laisserait à l’Iran un levier stratégique majeur.

The Free Press : « L’avantage iranien », une illusion

« Pourquoi tant d’experts affirment-ils que l’Iran est en train de gagner alors qu’il subit en réalité des pertes importantes ? », s’interroge le site américain. Selon cette analyse, une partie des médias donne l’impression que l’Iran inflige une défaite aux États-Unis, mais cette perception serait trompeuse.

En réalité, les États-Unis et Israël éliminent régulièrement des responsables du régime, détruisent des infrastructures stratégiques et affaiblissent les capacités militaires iraniennes. Le régime n’a pas réussi à enrayer le rythme des frappes ni à répondre de manière significative.

Selon cette lecture, ce que l’Iran perd en capacités réelles est compensé, dans le discours, par son potentiel de nuisance économique via le détroit d’Ormuz. Mais cette menace reste, à ce stade, largement théorique.

Le taux d’interception des missiles iraniens serait d’environ 90 %, les alliances demeurent solides et l’économie américaine continue de croître. Ainsi, « l’avantage iranien » relèverait davantage d’une construction rhétorique que d’une réalité stratégique.

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