Culture

Mémoire et transmission, l’histoire de Naava Yardeni ravivée dans un livre

À la veille de Yom HaShoah, un ouvrage publié en hébreu, en français et en anglais fait revivre l’univers du judaïsme tunisien entre mémoire intime et héritage collectif

3 minutes
12 avril 2026

ParNathalie Sosna Ofir

Mémoire et transmission, l’histoire de Naava Yardeni ravivée dans un livre
“Parfums tunisiens – nostalgie, mets de Mama Tita, dictons et proverbes, Photo : relations publiques”

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À Kiryat Ono, la cérémonie officielle de Yom Hashoah sera consacrée au parcours de Naava Claudine Yardeni, née au sein de la communauté juive de Tunisie, marquée par la guerre, la perte et l’exil vers Israël.

Son livre, “Parfums tunisiens – nostalgie, recettes de Mama Tita, proverbes et dictons”, dépasse largement le cadre d’un simple ouvrage culinaire. Il s’impose comme une tentative de préserver un monde disparu : celui des rues, des synagogues, des langues, des traditions et des visages du judaïsme tunisien.

Si l’ouvrage prend la forme d’un récit culinaire et familial, il s’inscrit pleinement dans la mémoire de Yom HaShoah. Car cette journée porte aussi la mémoire des communautés juives détruites, déplacées ou profondément bouleversées, y compris en Afrique du Nord.

Dès les premières pages, le lecteur est plongé dans un univers sensoriel dense : une cuisine vivante, des odeurs d’agrumes, de cumin, de couscous, des voix qui se mêlent. Un décor qui ne raconte pas seulement une histoire, mais qui la fait presque revivre.

Naava Claudine Yardeni, crédit ; famille

Historienne de formation, spécialiste de l’immigration des Juifs de Tunisie en Israël, Yardeni mêle récit personnel et regard académique. Son livre oscille entre mémoire intime, document historique et patrimoine culinaire, porté par une même urgence : transmettre.

Publié en hébreu, en français et en anglais, l’ouvrage s’adresse autant aux générations futures qu’à la diaspora tunisienne, notamment en France et aux États-Unis. À 87 ans, l’auteure assume pleinement cette démarche : laisser une trace, une forme de testament vivant.

Au cœur du récit, une figure domine : celle de sa mère, Esther, surnommée “Tita”. Analphabète mais dotée d’une intelligence intuitive, elle incarne la transmission silencieuse, celle des gestes, des recettes et des valeurs. Une présence qui traverse chaque page. Un livre marqué aussi par l’absence. Celle d’un frère disparu dans les camps de travail, une blessure qui traverse le récit et lui donne une profondeur particulière, entre mémoire familiale et mémoire collective.

À travers des dizaines de recettes, chaque préparation devient un récit. Ici, la cuisine n’est pas seulement un savoir-faire, mais un langage. Une manière de raconter, de se souvenir, de résister à l’oubli. Dans une époque où les identités culinaires retrouvent une place centrale, “Parfums tunisiens” rappelle une évidence : la mémoire passe aussi par les saveurs. Et ce que l’on ne transmet pas finit toujours par disparaître.

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