Donald Trump a annoncé que les dirigeants d’Israël et du Liban devraient se parler aujourd’hui, ce qui constituerait un échange inédit depuis 34 ans. Cette déclaration donne à la séquence une portée historique, alors même qu’aucune décision israélienne n’a été prise à ce stade sur un cessez-le-feu au Liban.
C’est précisément ce contraste qui domine. Malgré la conversation historique annoncée par le président américain, Israël estime ne pas être proche d’une trêve. La veille, après près de quatre heures de réunion, le cabinet politico-sécuritaire israélien s’est séparé sans prendre de décision sur un cessez-le-feu, et un responsable israélien a affirmé, qu’« à ce stade, nous ne nous rapprochons pas d’un cessez-le-feu ».
Si aucune décision n’a été prise, c’est aussi parce qu’Israël reste campé sur ses trois conditions dans le cadre de tout éventuel accord : la mise en place d’une zone tampon au sud du Liban jusqu’au Litani, totalement vidée de toute présence et infrastructure du Hezbollah ; le maintien d’une liberté d’action militaire totale pour Tsahal, y compris au nord du fleuve, afin de neutraliser toute menace ; et l’ouverture d’un processus progressif de désarmement du Hezbollah sous supervision américaine.
Dans le même temps, la pression diplomatique semble s’intensifier. Le journal libanais Al-Joumhouria rapporte ce matin, citant des sources diplomatiques, que Washington exerce de fortes pressions pour calmer le front libanais et pousse Israël à accepter un cessez-le-feu. Selon ces sources, des responsables libanais ont reçu des messages clairs d’Américains sur ce sujet, avec un optimisme prudent quant à la possibilité de parvenir à des solutions sérieuses dans les prochaines semaines.
Toujours selon Al-Joumhouria, une deuxième réunion de négociation entre Israël et le Liban devrait prochainement se tenir à Washington, et les discussions porteraient pour l’instant sur l’obtention d’un cessez-le-feu temporaire qui servirait de base à une fin plus large de la guerre.
Un autre élément pèse sur cette séquence : du côté iranien, le Liban n’est pas présenté comme un dossier séparé. Téhéran insiste au contraire sur le fait que tout cessez-le-feu avec l’Iran doit aussi inclure le Liban. Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a encore défendu cette ligne, affirmant que l’Iran et le Hezbollah sont « une seule âme ». Cette position entre directement en contradiction avec celle des États-Unis, qui ont souligné que le canal israélo-libanais devait être traité séparément des discussions avec l’Iran.
Mais sur le terrain, les faits rappellent que rien n’est encore stabilisé : peu après la fin de la réunion israélienne, les sirènes ont de nouveau retenti dans plusieurs localités du nord d’Israël en raison d’une infiltration de drone, sans dégâts ni blessés signalés à ce stade. Dans le même temps, Tsahal a poursuivi ses frappes contre des terroristes et des infrastructures du Hezbollah dans le sud du Liban.
Entre geste diplomatique inédit, pressions américaines et fermeté israélienne, la séquence reste donc ouverte, sans déboucher pour l’instant sur une trêve concrète.
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