Israël

Le tribunal de Beer Sheva rend un jugement en faveur d'une enseignante qui avait justifié le 7 octobre

Un verdict largement décrié.

3 minutes
20 avril 2026

ParGuitel Benishay

Le tribunal de Beer Sheva rend un jugement en faveur d'une enseignante qui avait justifié le 7 octobre
Photo: Site internet Woman wage peace

Désolé, votre navigateur ne supporte pas la synthèse vocale.

Le tribunal du travail de Beer Sheva a ordonné au Collège Kaye de la ville de verser 210 000 shekels d'indemnités à la Dr Varda Saada-Gargas, licenciée après 28 ans de carrière en raison de publications sur Facebook datant du 7 octobre 2023 et des jours suivants.

Le Collège Kaye avait justifié le licenciement de la Dr Saada-Gargas en affirmant qu'elle avait publié des « appels encourageant l'organisation terroriste du Hamas » et manifesté « un soutien effectif aux actes de terrorisme et aux ennemis d'Israël ». Parmi les publications incriminées figuraient des posts qualifiant les soldats de Tsahal de « meurtriers » et d'« armée terroriste israélienne », ainsi qu'un texte comparant le Hamas à la résistance du peuple ukrainien : « Le Hamas et le Jihad ne cesseront pas de résister par tous les moyens qu'une intelligence peut concevoir, comme tout peuple. Car ils n'avaient pas d'alternative à la vie difficile qui est la leur, comme le peuple ukrainien avec lequel tout le monde s'identifie. », avait écrit cette enseignante.

L'établissement lui reprochait également d'avoir réagi avec un émoji cœur à une publication qui semblait faire l'éloge d'un terroriste ayant renversé mortellement un soldat. La Dr Saada-Gargas a expliqué avoir voulu exprimer de la tristesse face à l'existence de tels individus, sans avoir visionné la vidéo en question, qu'elle avait partagée depuis un bateau en pleine mer.

La juge a estimé que les publications de la Dr Saada-Gargas, aussi critiques et tranchées soient-elles, relevaient de la liberté d'expression et de la liberté académique, et ne pouvaient être assimilées à un soutien actif au terrorisme. « La plaignante exprime une critique vive et sévère de Tsahal et prêche contre "l'occupation". Mais de là à un encouragement actif des organisations terroristes, le chemin est long », a écrit le tribunal.

Le jugement souligne par ailleurs de graves irrégularités de procédure : le collège avait pris sa décision de licenciement avant même la tenue de toute audition formelle, en créant une commission ad hoc plutôt qu'en suivant le règlement éthique interne. La plaignante n'avait pas eu accès aux plaintes motivant sa convocation, et les nombreuses lettres de soutien rédigées par ses collègues n'avaient pas été dûment prises en compte. Le tribunal relève également que l'établissement n'avait pas considéré l'âge de l'enseignante ni ses presque trois décennies de service.

La juge adresse néanmoins plusieurs critiques directes à la plaignante. Elle note qu'elle « n'a exprimé aucun regret ni aucune empathie » à l'égard des victimes du 7 octobre, et qu'elle ne semble « pas réceptive à d'autres points de vue que le sien ». Le tribunal pointe notamment la publication d'une capture d'écran tirée d'une vidéo montrant le lynchage d'un soldat tué ce jour-là, partagée sans que l'enseignante ne l'ait visionnée.

« Cela ne signifie pas que la plaignante est dispensée de faire preuve de sensibilité face au bouleversement profond, à la douleur et au deuil qui ont frappé la société israélienne le 7 octobre », écrit la juge. Le fait que la Dr Saada-Gargas n'ait jamais reconnu l'erreur commise en publiant cette image est également relevé comme un élément défavorable.

POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER QUOTIDIENNE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI https://israj.media-j.com/newsletter

POUR RECEVOIR NOS INFORMATIONS EN DIRECT SUR WHATSAPP CLIQUEZ ICI http://tiny.cc/IsrajInfoIsrael


ActuJ