La chaîne israélienne N12 a révélé l'existence d'une unité militaire spéciale qui a opéré dans les heures et les jours suivant le massacre du 7 octobre 2023, avec pour mission de prendre le contrôle exclusif de l'ensemble des documents audiovisuels produits lors des attaques du Hamas. Ces révélations soulèvent de sérieuses questions sur le sort réservé à une partie de ces matériaux.
Créée en 2020 à la suite de précédentes opérations militaires à Gaza, cette unité spéciale était placée sous le commandement d'un lieutenant-colonel dont l'identité n'a pas été rendue publique pour des raisons de sécurité. Dès le 7 octobre, ses combattants, tous issus d'unités d'élite et munis de grades d'officiers fictifs leur permettant de circuler librement sur le terrain, ont été rapidement déployés avec une mission définie en interne comme « secrète et complexe » : collecter chaque fragment de documentation avant que quiconque d'autre ne puisse s'en emparer.
Sur le terrain, les équipes ont agi avec méthode. Elles ont forcé l'entrée de bureaux de kibboutzim et de résidences privées pour y récupérer les enregistreurs des systèmes de vidéosurveillance, ratissé les localités de la région de la bordure de Gaza ainsi que le site du festival Nova pour collecter des dizaines de cartes mémoire de caméras de surveillance routière, et saisi des centaines de téléphones portables appartenant aussi bien à des terroristes du commando de la No'hba qu'à des civils israéliens, morts et survivants. Équipés d'iPhones militaires sans carte SIM, les soldats versaient les matériaux collectés en temps réel dans un groupe Telegram interne à Tsahal.
C'est sur ce point que les révélations prennent une tournure particulièrement troublante. Des sources ayant opéré au sein de l'unité affirment que des engagements formels avaient été pris auprès des habitants du kibboutz Be'eri : rien ne serait effacé, tout serait restitué. Ces promesses n'auraient pas été tenues. Selon ces témoignages, des ordres auraient été donnés de ne procéder à aucune action sur les appareils avant de les rendre, mais du contenu aurait néanmoins été supprimé dont des extraits vidéo et des enregistrements d'appels appartenant à des habitants de la bordure de Gaza et à des participants au festival Nova. Les directives, précisent ces sources, provenaient directement de la division des opérations de Tsahal.
Parallèlement à la collecte sur le terrain, une infrastructure de traitement a été mise en place : une « salle de montage opérationnelle » occupait un étage spécialement loué dans un immeuble de bureaux de Tel-Aviv, où des monteurs vidéo professionnels travaillaient sur les matériaux récupérés. Une sélection de ces images a été assemblée dans un film présenté à des représentants étrangers pour documenter l'ampleur des atrocités commises. Quant au reste des matériaux bruts, une part significative aurait, selon les témoins, « disparu » dans les circuits militaires, sans jamais parvenir aux familles des victimes ni aux équipes d'enquête civiles.
Face à ces accusations, le porte-parole de l'armée israélienne a publié un démenti catégorique. Après vérification interne, assure-t-il, aucun matériau en possession de Tsahal n'a été effacé. L'armée affirme s'être engagée à restituer l'intégralité des conclusions de ses enquêtes, ainsi que tous les documents en sa possession, à l'ensemble des localités concernées et aux victimes du 7 octobre, « dans le cadre de son engagement pour une totale transparence ». Le porte-parole a par ailleurs indiqué qu'aucun incident d'usurpation de grade d'officier n'était répertorié, et a rappelé que l'unité avait agi « en vertu de l'autorisation qui lui avait été conférée » pour collecter des matériaux dans le cadre d'un effort documentaire plus large.
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