Israël

Assassiner le commandant de l'armée de l'air: détails sur une affaire d'espionnage au coeur de l'armée de l'air israélienne

Les détails de ce qui constitue l'affaire d'espionnage la plus grave rendue publique à ce jour en Israël ont été révélés.

3 minutes
23 avril 2026

ParGuitel Benishay

Assassiner le commandant de l'armée de l'air: détails sur une affaire d'espionnage au coeur de l'armée de l'air israélienne
Le général Tomer Bar. Photo by Flash90

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Deux techniciens de l'armée de l'air israélienne ont été recrutés par le régime iranien dans le but de mener des missions d'une extrême gravité : surveillance de hauts responsables politiques et militaires, sabotage d'aéronefs de combat, et même tentative d'assassinat du commandant de l'armée de l'air.

Selon les éléments de l'enquête, l'un des soldats a été chargé par son contact iranien de photographier la résidence du Premier ministre Binyamin Netanyahou, celle de l'ancien Premier ministre Naftali Bennett, ainsi que le boulevard Rothschild et la rue Kaplan à Tel Aviv. Les deux techniciens ont également été sollicités pour recueillir des informations sur le domicile du ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir et sur l'ancien chef d'état-major Herzi Halevi.

La rémunération proposée pour ces informations sensibles est dérisoire: l'un des soldats n'a réclamé qu'une avance de 150 shekels en échange de sa collaboration.

Un des techniciens avait informé son contact iranien qu'il avait accès à des armes. L'agent iranien lui a alors envoyé une photographie du général Tomer Bar, commandant de l'armée de l'air israélienne, lui demandant explicitement de s'en prendre à lui. « Je vais vérifier et j'essaierai », aurait répondu le soldat.

Peu avant le lancement de l'opération Eveil du Lion, le contact iranien a transmis au technicien une série de nouvelles missions. Parmi elles, celle de provoquer délibérément des retards dans la mise en service des avions de combat pour des missions opérationnelles, autrement dit, paralyser des appareils militaires à la veille de frappes. La rémunération fixée pour cette tâche s'élevait à plusieurs centaines de dollars. Le soldat a refusé d'exécuter ces ordres, craignant d'être démasqué.

Les agents iraniens sont allés encore plus loin, exigeant du technicien qu'il commette une attaque à l'arme personnelle et en filme le déroulement, ou qu'il dissimule son arme en un lieu précis. Là encore, le soldat a refusé.

En février 2025, l'un des accusés a pris l'initiative de transmettre à son contact iranien des informations sur les systèmes d'un avion biplace de l'armée de l'air, extraites d'un classeur de formation utilisé lors de son parcours de technicien. Ces documents contenaient notamment les réponses à un examen pratique portant sur les procédures de vérification des systèmes aéronautiques. Cette transmission spontanée constitue l'une des charges les plus lourdes retenues contre lui.

L'enquête révèle aussi des échanges surréalistes entre le soldat et son contact iranien. À un moment, le technicien lui a demandé pour quelle mission il pourrait percevoir 100 shekels. L'agent lui a répondu en lui demandant de brûler une photo de Netanyahou et d'en filmer la scène. Le soldat a demandé « quelque chose de moins extrême », proposant de photographier une rue en échange d'une rémunération. L'Iranien a décliné, jugeant les photos de rues « inutiles », et a réclamé « quelque chose de grand ».

Par ailleurs, l'un des techniciens a photographié en plein jour une tour de contrôle sur une base militaire, laissant apparaître en arrière-plan les pistes d'atterrissage et des aéronefs militaires de type confidentiel. Il n'a reçu aucune compensation pour ce cliché.

Le parquet militaire a déposé ce jeudi matin des actes d'accusation contre les deux soldats. Le premier est poursuivi pour aide à l'ennemi en temps de guerre, transmission d'informations à l'ennemi, contact avec un agent étranger, ainsi que pour d'autres infractions connexes. Le second fait face à des charges de contact avec un agent étranger, transmission d'informations à l'ennemi et autres délits militaires graves.


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