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Bruxelles: l'Eglise Saint-Michel présente ses excuses à la communauté juive pour une calomnie vieille de 650 ans

Une injustice qui avait été à l'origine de violents pogroms.

2 minutes
26 avril 2026

ParGuitel Benishay

Bruxelles: l'Eglise Saint-Michel présente ses excuses à la communauté juive pour une calomnie vieille de 650 ans
Photo: Harmonia Amanda https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/

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L'église Saint-Michel de Bruxelles, haut lieu du catholicisme belge, a officiellement reconnu et condamné une calomnie antisémite vieille de plus de six siècles.

La cérémonie, à laquelle ont pris part plusieurs centaines de personnes issues des communautés juive et catholique, a réuni des représentants du clergé catholique et des responsables de la communauté juive belge, dont le rabbin Abraham Guigui, grand rabbin de Bruxelles et de Belgique.

Tout commence en 1370, avec ce que l'histoire retient comme une « accusation de profanation d'hosties », un mensonge forgé de toutes pièces, selon lequel un juif aurait tenté de dérober des objets sacrés et des hosties consacrées à l'église. Ce type de calomnie, répandu dans l'Europe médiévale, servait de prétexte à des violences organisées contre les minorités juives. À Bruxelles, les conséquences furent dévastatrices : pogroms, meurtres, pillages, et finalement l'expulsion de l'ensemble de la communauté juive du duché de Brabant.

Pendant des siècles, des vitraux représentant cet épisode sont restés visibles dans l'église, perpétuant ainsi une version de l'histoire profondément injuste et blessante.

Ces vitraux ont été retirés de l'église cette semaine. Leur retrait, acte central de la cérémonie, a été accompagné de l'installation d'une plaque commémorative officielle, rédigée en français, en néerlandais et en hébreu. Le texte, sobre et direct, reconnaît explicitement que des accusations infondées ont, à travers toute l'Europe, conduit à des persécutions, des massacres et des exils. Il se conclut par une demande de pardon adressée au peuple juif.

L'archevêque de Malines-Bruxelles, Luc Terlinden, qui a personnellement signé la déclaration, a tenu à aller plus loin que le simple geste institutionnel. Il a affirmé avec force que toute forme d'antisémitisme qu'il soit ancré dans la théologie ou dans les préjugés sociaux, est fondamentalement incompatible avec les valeurs du christianisme.

Au-delà de la reconnaissance d'un passé douloureux, la déclaration signée à Saint-Michel se veut tournée vers l'avenir. Elle réaffirme la volonté des deux communautés de renforcer leur dialogue et de construire ensemble une mémoire honnête, débarrassée des falsifications qui ont trop longtemps alimenté la haine.

Dans un contexte européen marqué par une recrudescence des actes antisémites, ce geste de l'Église catholique belge résonne bien au-delà des murs de la cathédrale bruxelloise.


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