La Cour suprême a rendu ce dimanche une décision sans précédent en décidant des sanctions économiques qui doivent être appliquées aux orthodoxes qui ne s'enrôlent pas dans Tsahal.
La décision, rendue par une formation élargie de cinq juges présidée par le vice-président de la Cour, Noam Solberg, marque un tournant dans un bras de fer juridique et politique qui dure depuis des décennies.
Dans le préambule de sa décision, le juge Solberg a reproché au gouvernement de n'avoir pris aucune mesure concrète depuis le jugement précédent de la Cour, il y a six mois. Pour la Cour, le statu quo n'est plus acceptable : il s'agit, selon les termes mêmes de la décision, d'« une violation massive, délibérée et persistante de la loi », et ni les reports ni l'attente d'une future législation ne sauraient désormais être tolérés.
Le refus de l'État de faire respecter cette règle constitue, selon les juges, une atteinte grave au principe d'égalité et à la sécurité nationale.
Le volet opérationnel de la décision est particulièrement concret. La Cour ordonne au gouvernement d'engager, dans les prochaines semaines, une série de mesures visant à priver les réfractaires d'avantages économiques : réductions sur le logement, subventions aux crèches et garderies, tarifs préférentiels dans les transports en commun, exonérations de taxe foncière. Autant d'aides conditionnées désormais à la régularisation du statut militaire.
La Cour précise que ces mesures relèvent du pouvoir administratif de l'exécutif et ne nécessitent aucune loi nouvelle. Toute tentative du gouvernement de contourner ces sanctions par des canaux de financement alternatifs sera considérée comme une violation directe du jugement.
En outre, les juges de la Cour suprême ont également donné des consignes opérationnelles à la police, l'exhortant à assister la police militaireet à procéder à des contrôles et arrestations de réfractaires, y compris lors de simples rencontres fortuites dans la rue.
Le juge Solberg reconnait que le fait de donner des consignes opérationnelles n'appartient pas aux prérogatives traditionnelles de la Cour mais explique agir en l'absence de tout autre moyen et compte-tenu de l'urgence de la situation : « Nous agissons le cœur lourd, mais après d'innombrables tentatives d'emprunter une voie plus modérée, il ne nous reste plus d'autre option. », a déclaré le vice-président de la Cour suprême.