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Le cauchemar d’Erdoğan : le projet des Émirats et de la Jordanie qui pourrait transformer Israël en empire

Alors que l’attention se concentre sur l’Iran et le Liban, une bataille plus discrète mais tout aussi stratégique se joue en coulisses : celle des infrastructures et des corridors commerciaux appelés à façonner le Moyen-Orient d’après-guerre .

3 minutes
26 avril 2026

ParNathalie Sosna Ofir

Le cauchemar d’Erdoğan : le projet des Émirats et de la Jordanie qui pourrait transformer Israël en empire
Le projet IMEC : une route commerciale de l’Inde à Israël | Crédit : utilisation conformément à l’article 27a de la loi sur le droit d’auteur

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La Jordanie et les Émirats arabes unis ont signé un accord majeur pour la construction d’une nouvelle ligne ferroviaire de 360 kilomètres, baptisée « voie d’Aqaba », pour un investissement de 2,3 milliards de dollars . Un projet qui vise à relier les zones minières du royaume au port stratégique d’Aqaba, sur la mer Rouge, dans un délai d’environ cinq ans.

Derrière cette initiative se dessine un objectif plus large : la mise en place d’un axe commercial reliant l’Asie à l’Europe via l’Inde, les Émirats, l’Arabie saoudite, la Jordanie et Israël. Ce corridor, connu sous le nom de projet IMEC, permettrait de raccourcir considérablement les délais de transport et de contourner les points de passage maritimes sensibles comme le détroit d’Ormuz, Bab el-Mandeb ou le canal de Suez.

Ce réseau logistique pourrait également connecter la Jordanie à Israël via la région de Beit She’an, jusqu’au port de Haïfa, et potentiellement inclure à terme une extension vers Eilat voire un port futur à Gaza, dans une configuration régionale profondément remaniée .

L’investissement ferroviaire s’inscrit dans une stratégie plus large d’Abou Dhabi en Jordanie. Les Émirats ont récemment obtenu une concession de 30 ans pour la gestion du port d’Aqaba, dont ils détiennent 70 %, et multiplient les projets d’infrastructures, de logistique et de développement économique dans le royaume . Cette présence croissante traduit une volonté claire : peser dans la redéfinition des routes commerciales régionales et renforcer un axe stratégique aligné avec les intérêts israéliens et américains.

Face à cette dynamique, la Turquie avance ses propres pions. Ankara pousse un projet concurrent visant à relancer la ligne ferroviaire historique du Hijaz, dans une version modernisée reliant Istanbul à la péninsule Arabique. Un sommet récent réunissant la Turquie, la Jordanie et la Syrie à Amman a débouché sur un mémorandum de coopération dans les transports. Objectif : créer un corridor nord-sud reliant la Méditerranée au golfe, avec la Turquie comme pivot central . Pour Ankara, l’enjeu est crucial : éviter d’être contournée par le projet IMEC et préserver son rôle traditionnel de pont entre l’Asie et l’Europe.

Au-delà des projets d’infrastructures, c’est une véritable compétition géopolitique qui se dessine. D’un côté, un axe Inde–Golfe–Israël soutenu par les Émirats et les États-Unis. De l’autre, une vision turque cherchant à réactiver ses routes historiques et à renforcer son influence régionale. Dans ce jeu d’équilibres, la Jordanie et l’Arabie saoudite apparaissent comme des pivots stratégiques, courtisés par les deux camps.

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