L’analyse, menée par les chercheurs du centre d’information Glazer du JPPI, s’appuie sur plus de 1 100 déclarations officielles prononcées par Guterres entre 2017, début de son mandat, et avril 2026. Ces prises de position, issues de conférences de presse et de publications officielles de l’ONU, ont été comparées à celles concernant d’autres pays régulièrement accusés de violations des droits humains, dont l’Iran, la Chine, la Russie, la Corée du Nord et le Qatar.
Selon les résultats, Israël est le pays le plus fréquemment mentionné par le secrétaire général, avec un écart significatif par rapport aux autres États analysés. Le volume de déclarations le concernant dépasse même celui de puissances majeures comme la Russie et serait près de trois fois supérieur à celui de l’Iran.
L’étude ne s’arrête pas à la quantité. Elle analyse également le ton des déclarations à l’aide d’outils de « sentiment analysis ». Résultat : plus de la moitié des propos concernant Israël sont jugés négatifs, un taux supérieur à celui observé pour tous les autres pays étudiés.
À titre de comparaison, les déclarations concernant l’Iran sont majoritairement neutres, avec même davantage de propos positifs que négatifs. Concernant la Chine, aucune déclaration négative n’a été relevée, tandis que le Qatar bénéficie d’un traitement particulièrement favorable. Même les critiques adressées à la Russie restent, selon l’étude, moins nombreuses et moins marquées que celles visant Israël.
Les chercheurs soulignent également une aggravation progressive du ton critique à l’égard d’Israël au fil des années, notamment depuis le début du conflit déclenché après les attaques du 7 octobre. Certes, António Guterres a à plusieurs reprises affirmé le droit d’Israël à exister et à se défendre, condamné les attaques du 7 octobre, rencontré des familles d’otages et appelé à leur libération. Mais selon l’analyse qualitative de ses déclarations, ces prises de position sont systématiquement suivies - ou rapidement supplantées - par des critiques à l’encontre de la politique israélienne.
Ainsi, le 13 octobre 2023, quelques jours après les attaques du Hamas, le secrétaire général évoquait d’emblée « un nouveau niveau dangereux de détérioration de la situation à Gaza », consacrant l’essentiel de son intervention aux conséquences des opérations israéliennes, malgré une condamnation du terrorisme jugée brève. Dans une autre déclaration, en janvier 2024, il qualifiait les opérations israéliennes à Gaza de « campagne de destruction la plus intense » depuis son entrée en fonction et en août 2025, il accusait directement Israël de frappes ayant touché des civils, du personnel médical et des journalistes, évoquant un « catalogue infini d’horreurs », avec une référence limitée aux otages et aux attaques à l’origine du conflit.