Daniel Luz, 92 ans, nous a quittés samedi. Cet homme d'exception, qui avait survécu à la fois à la persécution nazie en France et au massacre du kibboutz Beeri le 7 octobre 2023, sera inhumé cet après-midi à 17h00 au cimetière de Yad Mordekhaï, le kibboutz où il avait passé ses dernières années.
Enfant juif en France au moment de l'invasion nazie, Daniel Luz avait vécu dans sa chair l'horreur de la persécution et de la guerre. Des décennies plus tard, à 89 ans, il allait connaître de nouveau la terreur.
Le 6 octobre 2023, la veille de l'attaque du Hamas, il fêtait encore avec ses amis l'anniversaire du kibboutz Beeri. Le lendemain matin, il se réveillait au son des sirènes et des coups de feu. Avec sa compagne Edna, il s'enferma dans la pièce sécurisée de son domicile. « Nous entendions des tirs violents et des cris en arabe. J'étais certain que c'était mon dernier jour. La peur que j'ai ressentie lors de l'invasion du Hamas, je ne l'avais pas ressentie, même pendant la Shoah. C'est pourquoi je suis un survivant de la Shoah deux fois, d'abord en France pendant la Seconde Guerre mondiale, et ensuite à Beeri en 2023 », avait-il confié.
Il y a deux semaines à peine, à l'approche de la Journée de commémoration de la Shoah, Daniel Luz avait accordé l'un de ses derniers entretiens à Ynet et au quotidien Yediot Aharonot. Avec une lucidité et une autodérision remarquables, il déclarait : « Vous me voyez sur la photo, souriant et heureux, mais mon état de santé n'est vraiment pas bon. Bientôt, je devrai rendre mon âme au Créateur mais pour la caméra, je fais des efforts. »
Quelques jours plus tard, il allumait l'une des torches de la cérémonie officielle de Yom Hashoah, organisée au kibboutz Yad Mordekhaï. Son fils Amir a confié hier soir : « Il s'est maintenu par la force de sa volonté, parce que cette cérémonie comptait énormément pour lui. Lors du discours, mon père a pleuré et a dit : j'ai eu de la chance. Vendredi, quand l'article lui a été montré, il a réussi à ouvrir les yeux, à laisser échapper un sourire et après, c'est tout. Il a lâché prise. »
Son fils Amir a dressé de lui un portrait touchant : « Mon père était un non-conformiste, même s'il a passé la majeure partie de sa vie dans un kibboutz. On le regardait toujours comme le fou du village. Il ne faisait pas de calculs et allait avec sa propre vérité. »
Dans son dernier entretien, Daniel Luz avait confié son espoir ultime : « Le traumatisme est encore là. Je ne me suis pas encore remis de ce que nous avons vécu. Je voudrais qu'il y ait la paix ici. Je ne me fais plus d'illusions sur le fait de la voir moi-même mais que mes petits-enfants la voient, c'est ce qui compte le plus. »
Que son souvenir soit béni.
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