David Yaari, le père du sergent Ohad Yaari, tué par un tir ami au Liban, a rencontré le père du soldat actuellement détenu, soupçonné d'être à l'origine du tir ayant coûté la vie à son fils. À l'issue de cette rencontre, David Yaari a appelé à la libération du soldat arrêté.
David Yaari a indiqué son intention de se rendre devant le tribunal pour demander personnellement au juge de libérer le commandant d'Ohad, afin qu'il puisse reprendre sa place au combat pour la défense du pays.
Selon lui, il s'agit d'un "incident opérationnel" et non d'un cas justifiant une procédure pénale. Il a déclaré que ce soldat avait déjà reçu, selon ses propres mots, "sa peine pour le restant de ses jours". Il a ajouté qu'il fallait certes tirer les leçons opérationnelles de cet événement, mais sans pour autant "affaiblir nos soldats" par des mesures de détention et d'enquête criminelle en pleine période de combat.
Le père d'Ohad a raconté avoir demandé au père du soldat détenu de transmettre à son fils un message simple : qu'il "relève la tête". Il a précisé que si la possibilité se présentait de se rendre au tribunal dimanche, lui et sa famille s'y rendraient pour étreindre le jeune soldat et l'aider à surmonter ce poids.
De son côté, le père du soldat arrêté a expliqué s'être rendu auprès de la famille Yaari pour leur présenter ses condoléances ainsi que celles de son fils. Il a décrit avoir reçu un accueil chaleureux et bouleversant de la part du père, de la mère et des frères et sœurs.
Il a ajouté que son fils était profondément rongé par la culpabilité, vivant ce drame comme un échec personnel dans sa mission de protection de ses soldats.
Selon son père, le jeune homme s'était engagé dans la brigade Givati après avoir quitté une mekhina (programme préparatoire pré-militaire) au déclenchement de la guerre, le 7 octobre, par volonté de participer aux combats. Il aurait ensuite combattu sur des fronts particulièrement difficiles, à Gaza puis au Liban, perdant au passage des camarades et des supérieurs au cours du conflit. Il prévoyait par ailleurs de poursuivre volontairement son service de réserve après la fin de son service obligatoire.