Israël

Tir ami au Liban : le père du soldat tué demande au tribunal de libérer le commandant détenu

Le père d'Ohad Yaari a appelé à la libération du soldat qui a tiré par erreur la balle qui a tué son fils.

3 minutes
11 juin 2026

ParGuitel Benishay

Tir ami au Liban : le père du soldat tué demande au tribunal de libérer le commandant détenu
Ohad Yaari, z'l

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David Yaari, le père du sergent Ohad Yaari, tué par un tir ami au Liban, a rencontré le père du soldat actuellement détenu, soupçonné d'être à l'origine du tir ayant coûté la vie à son fils. À l'issue de cette rencontre, David Yaari a appelé à la libération du soldat arrêté.

David Yaari a indiqué son intention de se rendre devant le tribunal pour demander personnellement au juge de libérer le commandant d'Ohad, afin qu'il puisse reprendre sa place au combat pour la défense du pays.

Selon lui, il s'agit d'un "incident opérationnel" et non d'un cas justifiant une procédure pénale. Il a déclaré que ce soldat avait déjà reçu, selon ses propres mots, "sa peine pour le restant de ses jours". Il a ajouté qu'il fallait certes tirer les leçons opérationnelles de cet événement, mais sans pour autant "affaiblir nos soldats" par des mesures de détention et d'enquête criminelle en pleine période de combat.

Le père d'Ohad a raconté avoir demandé au père du soldat détenu de transmettre à son fils un message simple : qu'il "relève la tête". Il a précisé que si la possibilité se présentait de se rendre au tribunal dimanche, lui et sa famille s'y rendraient pour étreindre le jeune soldat et l'aider à surmonter ce poids.

De son côté, le père du soldat arrêté a expliqué s'être rendu auprès de la famille Yaari pour leur présenter ses condoléances ainsi que celles de son fils. Il a décrit avoir reçu un accueil chaleureux et bouleversant de la part du père, de la mère et des frères et sœurs.

Il a ajouté que son fils était profondément rongé par la culpabilité, vivant ce drame comme un échec personnel dans sa mission de protection de ses soldats.

Selon son père, le jeune homme s'était engagé dans la brigade Givati après avoir quitté une mekhina (programme préparatoire pré-militaire) au déclenchement de la guerre, le 7 octobre, par volonté de participer aux combats. Il aurait ensuite combattu sur des fronts particulièrement difficiles, à Gaza puis au Liban, perdant au passage des camarades et des supérieurs au cours du conflit. Il prévoyait par ailleurs de poursuivre volontairement son service de réserve après la fin de son service obligatoire.

Son père a expliqué que le jeune soldat souhaite désormais retourner au combat, mais peine à surmonter les conséquences de l'incident. Il a rapporté que son fils pense constamment à la famille endeuillée, et qu'il a exprimé le souhait de pouvoir les serrer fort dans ses bras et leur dire combien il est désolé et tourmenté par ce drame terrible.

Le major de réserve et avocat Wassim Daher, qui représente le soldat au nom de la défense militaire, a qualifié cet événement de "tragique et douloureux", survenu dans le cadre de combats intenses au Liban. Selon lui, "la voie pénale n'est pas adaptée à cette situation", et il a appelé l'armée à offrir au soldat un accompagnement de réhabilitation approprié, afin de permettre son retour rapide au combat.

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