Une enquête du Wall Street Journal entame encore la crédibilité du procureur de la Cour pénale internationale. Des témoignages remis au FBI, appuyés par des enregistrements audio, suggèrent que Karim Khan aurait émis les mandats d'arrêt contre Benyamin Netanyahou en 2024 après avoir été encouragé par le gouvernement qatari.
Au cœur du scandale : deux sociétés de renseignement privées, Highgate et Elicius Intelligence, dont des enquêteurs auraient travaillé pour le compte du Qatar — désigné dans les enregistrements par le nom de code « Pays Q ». L'un d'eux, le directeur des opérations Holt, aurait déclaré le 5 août que Khan « voulait émettre le mandat, mais avait peur de le faire », et que des responsables qataris lui auraient alors promis de « prendre soin de lui » en échange. Interrogé sur l'origine de ce soutien, Holt aurait été catégorique : « Cela vient de l'État. »
Karim Khan et ses avocats démentent formellement ces accusations. L'ambassade du Qatar les qualifie de « sans fondement ».
Une affaire dans l'affaire
L'enquête révèle une dimension supplémentaire, particulièrement troublante. Peu avant l'émission des mandats, Khan apprenait qu'une avocate placée sous ses ordres l'accusait d'agression sexuelle — des allégations que l'ONU a depuis jugées fondées. Selon le témoignage de la victime, Khan aurait fait pression sur elle pour qu'elle retire sa plainte, arguant que le scandale risquait de compromettre les mandats d'arrêt visant des responsables israéliens — une cause qu'il présentait comme prioritaire.
Les mêmes sociétés de renseignement privées auraient alors cherché à discréditer la plaignante en établissant un lien avec Israël — vérifiant notamment si elle possédait un passeport israélien ou des origines juives — pour présenter ses accusations comme une opération du Mossad. Tom Lynch, haut responsable de la CPI ayant signalé l'agression, ainsi que le sénateur américain Lindsey Graham, auraient également été ciblés par ces investigations.
Ce mois-ci, les États membres de la Cour ont voté l'ouverture d'une procédure disciplinaire contre Khan pour faute professionnelle.
La légitimité de la CPI en question
L'enjeu dépasse la seule personne de Karim Khan. Si les mandats d'arrêt contre Netanyahou et l'ancien ministre de la Défense Yoav Gallant ont effectivement été émis en vertu d'un accord avec un État soutenant le Hamas, c'est la légitimité juridique et morale de toute la procédure qui s'effondre. Ce que le Wall Street Journal donne à voir, c'est une institution censée incarner le droit international transformée en terrain de jeu pour servir des intérêts politiques et financiers — où l'argent du Qatar déciderait qui poursuivre, et où les victimes de harcèlement seraient réduites au silence par les mêmes mécanismes.
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