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L'université UCLA se déchire autour de la venue de l'ex-otage Omer Shem Tov

Les représentants étudiants estiment que l'invitation de Omer Shem Tov revient à « privilégier un récit unilatéral, dépourvu d'analyse politique et humanitaire critique »

3 minutes
29 avril 2026

ParJohanna Afriat

L'université UCLA se déchire autour de la venue de l'ex-otage Omer Shem Tov
Omer Shem Tov Photo by Miriam Alster/Flash90

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La conférence s'est déroulée sans incident. Mais dès le lendemain, la polémique éclatait. La visite d'Omer Shem Tov, jeune Israélien retenu 505 jours en otage à Gaza après avoir été enlevé au festival de musique Nova en octobre 2023, a déclenché une bataille institutionnelle au sein même du gouvernement étudiant de l'Université de Californie à Los Angeles.

Une lettre qui met le feu aux poudres

L'événement avait été organisé à l'occasion de Yom HaShoah par le Hillel de l'UCLA, en partenariat avec le centre d'études israéliennes du campus et l'association Students Supporting Israel. Le recteur de l'université, Julio Frenk, y avait assisté en personne. Rien d'inhabituel en apparence — sauf que le Conseil des étudiants de premier cycle a choisi ce même jour pour publier une lettre officielle condamnant la tenue de l'événement.

Dans ce texte, les représentants étudiants estimaient que l'invitation de Omer Shem Tov revenait à « privilégier un récit unilatéral, dépourvu d'analyse politique et humanitaire critique », et reprochaient au centre d'études israéliennes de « se rendre complice de l'amplification de récits occultant les systèmes d'oppression et d'occupation ». En clair : la parole d'un ancien otage était jugée trop partiale pour mériter une tribune universitaire.

Un tollé immédiat

La réaction ne s'est pas fait attendre. Jay Sures, membre du conseil d'administration de l'Université de Californie et figure influente du milieu hollywoodien, a publié une longue lettre ouverte cinglante. « Je suis écœuré et consterné. Quel gâchis ! », a-t-il écrit, dénonçant l'absurdité de la démarche. « Omer Shem Tov n'est pas un représentant du gouvernement israélien. Vous prétendez vouloir de l'équilibre dans la programmation — mais condamner la présence d'un tel intervenant démontre clairement que l'équilibre ne vous intéresse absolument pas. C'est le comble de l'hypocrisie. »

De son côté, le Hillel et Students Supporting Israel ont dénoncé conjointement « une opposition au dialogue, à l'apprentissage et à la vérité », qualifiant la démarche d'antisémite. L'université elle-même a pris position, affirmant que « condamner un événement aussi pacifique, qui partageait une histoire de résilience face à une souffrance extrême, est contraire aux valeurs de notre communauté ».

Des procédures internes contestées

L'affaire a pris un tour supplémentaire lorsque le président du corps étudiant, Diego Bollo, a révélé qu'il n'avait pas participé à la réunion au cours de laquelle la lettre avait été rédigée et votée — pas plus que plusieurs autres membres du conseil, dont celui qui avait précisément contribué à l'organisation de la conférence. Diego Bollo a laissé entendre que cette absence n'était peut-être pas fortuite, et a annoncé une révision des procédures internes de publication des déclarations officielles.

Un contexte sous haute tension

Cette controverse s'inscrit dans un climat particulièrement tendu à l'UCLA. L'université fait actuellement l'objet de poursuites judiciaires engagées par le ministère de la Justice américain, qui lui reproche d'avoir laissé des manifestants bloquer l'accès du campus aux étudiants « sionistes » lors des mobilisations pro-palestiniennes de 2024. Elle a par ailleurs conclu un accord à l'amiable de plus de six millions de dollars avec des organisations juives pour les mêmes faits.

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