Selon plusieurs sources israéliennesm les discussions actuelles ressemblent davantage à une phase de mise en scène diplomatique qu’à une véritable avancée stratégique. « Le fait d’échanger des projets d’accord permet toujours d’afficher des progrès », résument certains responsables en privé. Mais selon eux, la question essentielle demeure inchangée : les positions réelles des deux camps se rapprochent-elles réellement ?
À Jérusalem, beaucoup pensent que non.
L’administration américaine évoque pourtant des avancées significatives. Ces derniers jours, Donald Trump a affirmé qu’il existait « une très bonne chance » d’aboutir à un accord avec Téhéran. Des médias américains ont également révélé l’existence d’un projet de document en quatorze points destiné à officialiser la fin des tensions récentes et à ouvrir une période d’environ trente jours de négociations plus approfondies sur le nucléaire iranien, les sanctions et le détroit d’Ormuz.
Mais pour Israël, les points les plus sensibles restent précisément ceux qui n’ont pas encore été réglés.
Le principal sujet d’inquiétude concerne l’enrichissement d’uranium. Washington réclamerait une suspension prolongée des activités d’enrichissement ainsi que le transfert des stocks d’uranium enrichi hors d’Iran. Or, du côté iranien, plusieurs responsables ont déjà rejeté publiquement ces exigences, qualifiées de « liste de souhaits américaine ».
À Jérusalem, les responsables israéliens considèrent que le véritable enjeu ne réside pas seulement dans une éventuelle pause temporaire du programme nucléaire iranien, mais dans ce qu’il restera à l’Iran une fois l’accord signé. Pour Israël, si Téhéran conserve ses centrifugeuses, ses infrastructures et son savoir-faire nucléaire, il pourra reprendre rapidement sa progression vers une capacité nucléaire militaire dès qu’il le décidera.
Cette méfiance rappelle fortement les critiques formulées en Israël contre l’accord nucléaire conclu sous Barack Obama. Beaucoup craignent aujourd’hui un scénario similaire : un accord intérimaire offrant à l’Iran un soulagement économique sans démantèlement réel de ses capacités stratégiques.
Les responsables israéliens soupçonnent également Washington d’être soumis à une pression politique croissante. La poursuite des tensions dans le détroit d’Ormuz continue d’alimenter les inquiétudes sur les marchés énergétiques, avec le risque d’une nouvelle hausse des prix du pétrole et du carburant aux États-Unis.
Selon plusieurs sources israéliennes, cette situation pèserait de plus en plus sur Donald Trump et sur les républicains à l’approche des élections de mi-mandat. Une escalade régionale prolongée pourrait fragiliser davantage l’économie américaine et compliquer la position politique de la Maison-Blanche.
En parallèle, les contacts entre Benyamin Netanyahu et Trump restent très fréquents. Les deux dirigeants échangeraient presque quotidiennement afin de coordonner leurs positions face aux négociations en cours.
Mais malgré cette proximité, l’incertitude demeure forte à Jérusalem quant aux véritables intentions du président américain. Plusieurs responsables israéliens estiment qu’il cherche avant tout un accord susceptible d’être présenté rapidement comme une victoire diplomatique majeure.
Pour Israël, le scénario le plus dangereux serait désormais celui d’un accord partiel : une levée progressive des sanctions et un retour des flux financiers vers l’Iran, sans élimination réelle des capacités nucléaires du régime.
À court terme, certains responsables israéliens reconnaissent néanmoins que le statu quo actuel présente aussi des avantages : aucun accord n’a encore été signé, les sanctions restent en place et l’Iran ne bénéficie pas, pour l’instant, d’un véritable répit économique. Mais tous s’accordent sur un point : cette situation ne pourra pas durer indéfiniment.
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