Des divergences de plus en plus visibles opposent la direction politique allemande et les services de renseignement sur l’évaluation de la menace iranienne en Allemagne, notamment contre les institutions juives. Des tensions se sont installées ces dernières semaines entre le chancelier allemand Friedrich Merz, son ministre de l’Intérieur Alexander Dobrindt et plusieurs responsables des services de sécurité et du renseignement.
Depuis le début de la guerre avec l’Iran, les dirigeants allemands ont reconnu publiquement l’existence de risques liés à d’éventuelles actions iraniennes sur le territoire allemand, tout en cherchant à en minimiser la portée. Friedrich Merz avait notamment affirmé que la sécurité autour des institutions israéliennes, juives et américaines avait été renforcée, tout en assurant qu’aucune hausse concrète du niveau de menace n’avait été détectée à ce stade.
Mais selon le New York Times, plusieurs responsables du renseignement allemand estiment au contraire que le danger est réel et plus urgent que ce que laisse entendre Berlin. En privé, certains auraient averti que la guerre augmente considérablement le risque d’actions terroristes liées à l’Iran sur le sol allemand.
Le quotidien américain affirme également que des responsables régionaux des services de sécurité reprochent au gouvernement fédéral d’envoyer un message trop rassurant à la population. Selon eux, l’absence de communication publique forte pourrait conduire les citoyens allemands à ne pas prendre suffisamment au sérieux les menaces actuelles.
De son côté, le gouvernement allemand craindrait qu’une dramatisation excessive de la situation ne contribue elle-même à alimenter les tensions.
Selon les informations citées dans l’enquête, les services européens avaient déjà identifié avant la guerre environ cinquante projets ou activités suspectes liés à des cellules associées à l’Iran en Allemagne.
Parmi les cibles considérées comme particulièrement sensibles, plusieurs institutions juives allemandes. Deux d’entre elles seraient actuellement considérées comme des cibles potentielles dans des projets attribués à Téhéran.
Le rapport évoque également une surveillance croissante des opposants iraniens vivant en Allemagne. Lors d’une manifestation contre le régime iranien organisée en février à Munich, des agents iraniens présumés se seraient mêlés à la foule avant de menacer certains manifestants en évoquant des informations personnelles concernant leurs familles.