Sécurité

Les soldats contraints au système D pour survivre face aux drones explosifs du Hezbollah

Les soldats font état du manque de moyens immédiats de protection contre des drones presque invisibles et inaudibles

3 minutes
11 mai 2026

ParJohanna Afriat

Les soldats contraints au système D pour survivre face aux drones explosifs du Hezbollah
Soldats de Tsahal au Liban Photo : Tsahal

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Les soldats israéliens déployés dans le sud du Liban disent devoir improviser eux-mêmes leur protection face aux drones explosifs du Hezbollah, faute de réponses suffisantes sur le terrain. Entre filets de pêche achetés grâce à des dons et systèmes anti-drones en nombre insuffisant, de nombreux réservistes décrivent un sentiment d’abandon face à une menace omniprésente et difficile à contrer.

Les soldats font état du manque de moyens immédiats de protection contre des drones presque invisibles et inaudibles.

H., sergent-major de réserve au sein de la 91e division, cumule près de 500 jours de service depuis le début de la guerre. Selon lui, les soldats bricolent des solutions de fortune pour tenter de survivre : « Aujourd’hui, notre principale défense, c’est de courir vers un abri, se cacher et prier », a-t-il relaté sur le site Ynet.

Face aux drones explosifs guidés par fibre optique utilisés par le Hezbollah, certains combattants expliquent avoir recours à des filets de pêche fixés sur les véhicules et les positions militaires. Ces équipements, obtenus grâce à des collectes de fonds privées, sont censés réduire l’impact des drones kamikazes. « L’objectif est simple : si le drone frappe, qu’il nous blesse au lieu de nous tuer », raconte H.

Selon lui, ces protections ne sont pas fournies officiellement par l’armée : « Les commandants cherchent eux-mêmes du matériel, publient des appels aux dons et demandent l’aide des civils pour acheter ce dont nous avons besoin pour rester en vie. »

Les soldats dénoncent également le manque de systèmes anti-drones modernes disponibles sur le terrain. H. évoque notamment un dispositif de visée capable de suivre les drones, mais qui serait présent en quantité très limitée. « On nous parle de technologies avancées, mais sur le terrain, nous sommes pratiquement sans défense face à des drones bon marché », affirme-t-il. Il s'indigne : « Comment se fait-il que nous soyons capables d'envoyer des missiles au-dessus de l'atmosphère et que nous soyons incapables de nous protéger contre des drones achetés sur eBay ? »

Cette vulnérabilité est renforcée par la tactique du Hezbollah, qui consiste parfois à lancer un second drone contre les équipes venues secourir les blessés après une première frappe. « Même les secours deviennent des cibles », explique le réserviste.

Un autre soldat explique que face à la menace, ils ont pour consigne de rester à découvert le moins longtemps possible et de courir aussi rapidement qu'ils le peuvent d'un point A à un point B.

Malgré ces critiques, d’autres officiers assurent que Tsahal déploie progressivement de nouveaux moyens de détection et d’interception. L’armée affirme mener des expérimentations accélérées, installer des radars spécialisés et développer des solutions adaptées aux drones volant à basse altitude.

Parmi les mesures actuellement utilisées figurent justement les protections physiques improvisées — comme les filets — mais aussi des systèmes de détection multicouches, des armes à réaction rapide et des munitions spécialisées pour abattre les drones à courte portée.

Depuis le début de la campagne au Liban, plus de 100 soldats israéliens ont été blessés par des drones explosifs et plusieurs ont été tués, soulignant l’ampleur d’une menace devenue l’un des principaux défis du champ de bataille.

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