Moyen-Orient

Le Liban pourra-t-il abolir sa loi de boycott contre Israël ? Un obstacle majeur aux négociations

Alors que des discussions directes entre les deux pays se poursuivent à Washington sous médiation américaine, cet ancien texte législatif adopté il y a plus de 70 ans menace de compliquer toute avancée .

2 minutes
11 mai 2026

ParNathalie Sosna Ofir

Le Liban pourra-t-il abolir sa loi de boycott contre Israël ? Un obstacle majeur aux négociations
L'israélienne Gal Gadot incarne la Méchante Reine dans le film Blanche neige, Capture vidéo ; utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d’auteur.

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Même les contacts récents entre l’ambassadrice libanaise à Washington, Nada Hamade Mawad, et l’ambassadeur israélien Yechiel Leiter pourraient théoriquement être considérés comme illégaux au regard de cette loi, malgré le cadre diplomatique et la médiation américaine.

Donald Trump aurait été surpris par l’existence même de cette législation et aurait estimé qu’elle pourrait être rapidement abrogée. Des membres du Congrès américain ont également appelé Washington à faire pression sur Beyrouth afin de suspendre les lois interdisant les contacts entre Libanais et Israéliens.

La loi de boycott a été adoptée en juin 1955 et interdit à tout Libanais d’entretenir, directement ou indirectement, des relations avec Israël, ses citoyens ou toute entité travaillant pour son compte.

Le texte interdit notamment les accords commerciaux, les transactions financières, nl’importation de produits israéliens mais aussi tout type de relation ou de coopération.

La loi prévoit des peines pouvant aller de plusieurs mois de prison à des travaux forcés de trois à dix ans, selon la gravité des infractions.

Certaines dispositions du code pénal libanais vont encore plus loin : l’article 275 prévoit même la peine de mort pour tout Libanais accusé d’aider « l’ennemi » à obtenir un avantage militaire.

Aujourd’hui, cette législation apparaît comme l’un des principaux obstacles à toute normalisation ou négociation officielle entre Jérusalem et Beyrouth. Son abrogation nécessiterait un vote majoritaire du Parlement libanais - perspective politiquement explosive dans un pays profondément divisé sur la question des relations avec Israël.

Plusieurs structures libanaises sont chargées de faire respecter cette loi, notamment le Bureau du boycott dépendant du ministère de l’Économie, les services de sécurité intérieure et les tribunaux militaires.

Au fil des années, la loi a donné lieu à des controverses parfois inattendues. En 2025, des soupçons avaient émergé après la distribution de bonbons comportant des inscriptions en hébreu lors d’un événement dans la banlieue sud de Beyrouth. Des campagnes ont également visé Netflix, accusé de diffuser des contenus israéliens, ou encore le film Blanche neige avec l'actrice israélienne Gal Gadot, dont la projection avait suscité des appels au boycott au Liban mais aussi dans plusieurs pays arabes.

Alors que Washington pousse à une désescalade régionale et à des discussions plus directes entre Israël et le Liban, cette vieille loi apparaît désormais comme un test politique majeur pour Beyrouth.

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