Après plus de deux ans d’enquête, la Commission civile chargée de documenter les crimes du 7 octobre a publié ce mardi un rapport présenté comme l’étude la plus complète réalisée à ce jour sur les violences sexuelles commises lors des attaques du Hamas et durant la captivité des otages à Gaza. Ses conclusions sont sans équivoque : selon les enquêteurs, les violences sexuelles perpétrées contre des civils israéliens relevaient d’une stratégie « systématique, généralisée et intentionnelle », et non d’actes isolés.
Le document, diffusé à des centaines d’organisations internationales, institutions de l’ONU, juristes et diplomates à travers le monde, s’appuie sur un vaste travail de documentation mené pendant deux ans et demi. La commission affirme avoir analysé plus de 10 000 photographies et vidéos provenant des lieux des attaques, soit plus de 1 800 heures de visionnage et d’examen d’images. À cela s’ajoutent plus de 430 témoignages et entretiens recueillis auprès de survivants, d’anciens otages, de témoins, de secouristes, d’experts et de familles de victimes.
Selon les auteurs du rapport, l’objectif était double : établir une base de preuves destinée à d’éventuelles poursuites judiciaires internationales et lutter contre ce qu’ils décrivent comme une montée du négationnisme autour des crimes commis le 7 octobre.
Treize schémas récurrents de violences
L’enquête affirme avoir identifié treize modes opératoires récurrents observés simultanément dans plusieurs localités attaquées, notamment dans les kibboutz du sud d’Israël et sur le site du festival Nova. Pour la commission, cette répétition des mêmes formes de violences démontre l’existence d’une pratique organisée.
Le rapport évoque notamment :
des viols et viols collectifs ;
des agressions sexuelles accompagnées de tortures ;
des mutilations et brûlures infligées aux victimes ;
des tirs visant les parties génitales ou le visage ;
des humiliations publiques et des actes commis sur des corps sans vie ;
des violences sexuelles commises devant des proches ou des membres de la famille ;
ainsi que l’utilisation des réseaux sociaux pour filmer et diffuser les attaques dans le cadre d’une guerre psychologique.
« L’enfer ne s’est pas arrêté le 7 octobre »
Une partie importante du rapport porte sur les événements ayant suivi les attaques, notamment la captivité des otages dans la bande de Gaza. Sur la base de témoignages recueillis auprès d’anciens captifs, la commission relate que des violences sexuelles, humiliations et sévices se sont poursuivis pendant des semaines, voire des mois.
Les enquêteurs estiment que ces actes faisaient partie intégrante du système de domination exercé sur les otages, hommes et femmes confondus.
« Nous avons tout fait pour redonner une voix à ceux qui ont été réduits au silence », a déclaré Kochav Elkayim Levy, fondatrice et présidente de la commission. « Après deux ans et demi de recherches et de documentation, nous avons établi une vérité qui ne peut plus être effacée. »
Elle affirme toutefois que les éléments publiés aujourd’hui ne représenteraient qu’« une partie de la réalité », ajoutant que d’autres témoignages et preuves restent encore à examiner.
Un rapport destiné aux tribunaux internationaux
Au-delà du travail documentaire, le rapport comporte une analyse juridique détaillée. Les auteurs considèrent que les actes décrits relèvent du droit international pénal et peuvent être qualifiés de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et, dans certains cas, d’actes présentant des caractéristiques génocidaires.
La commission appelle désormais les gouvernements et les parlements étrangers à reconnaître officiellement ses conclusions et à soutenir l’ouverture de procédures judiciaires internationales.
Créée après les attaques du 7 octobre 2023, qui ont fait plus de 1 200 morts et conduit à l’enlèvement de plus de 250 personnes, la Commission civile pour la documentation et l’enquête sur les crimes du Hamas contre les femmes, les enfants et les familles est une organisation indépendante chargée de centraliser les preuves et de préserver les archives des événements.
Les enquêteurs indiquent que l’ensemble des documents collectés — photographies, vidéos, témoignages, rapports officiels et éléments de terrain — a été conservé dans une base d’archives sécurisée afin de constituer une mémoire judiciaire et historique des attaques.
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