Vie politique

Vers une dissolution de la Knesset ?

La question ne semble plus seulement être de savoir si les élections seront avancées, mais qui prendra l’initiative de dissoudre la Knesset, à ce stade, tout indique que cela devrait venir de la coalition

3 minutes
13 mai 2026

ParNathalie Sosna Ofir

Vers une dissolution de la Knesset ?

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Après plusieurs jours de tensions autour de la loi sur la conscription des orthodoxes, la coalition tente désormais de reprendre la main sur un processus qui pourrait conduire Israël vers des élections anticipées, probablement dès le mois de septembre.

Selon les informations disponibles, la coalition envisage de déposer son propre projet de loi de dissolution, afin de ne pas laisser l’opposition apparaître comme celle qui aurait provoqué la chute du gouvernement. L’objectif est clair : organiser une sortie contrôlée vers les urnes, avec une date convenue entre les différentes composantes de la majorité.

Dans l’entourage de Benyamin Netanyahou, on cherche ainsi à éviter l’image d’un Premier ministre entraîné vers des élections par l’opposition et par ses partenaires orthodoxes. En coulisses, des discussions sont menées sur une dissolution coordonnée entre le Likoud et les partis de la coalition. Sur le fond, le résultat serait le même - des élections anticipées - mais politiquement, la différence est majeure.

Si l’opposition parvient à faire adopter son propre texte de dissolution, le message public serait celui d’une coalition qui s’effondre sous la pression conjuguée des partis ultraorthodoxes et de ses adversaires politiques. En revanche, si le Likoud et ses alliés présentent un calendrier commun, Netanyahou pourra tenter de transformer la crise en décision « responsable » et concertée, plutôt qu’en défaite politique.

Autre enjeu pèse lourd : préserver, au moins en apparence, l’existence du « bloc » de droite et religieux. Après la déclaration très dure du rabbin Dov Landau, affirmant qu’il n’y avait « plus de bloc », le Likoud mesure la portée symbolique et électorale d’une rupture ouverte avec les partis orthodoxes. Une dissolution négociée permettrait à Netanyahou de soutenir que, malgré la crise profonde autour de la loi sur la conscription, l’alliance politique n’a pas totalement explosé.

La date du scrutin devient elle aussi un élément central des négociations. Netanyahou ne souhaiterait pas organiser des élections en octobre, au moment des commémorations du 7 Octobre et du retour attendu des débats publics sur la responsabilité du pouvoir politique dans les défaillances qui ont précédé le massacre. L’hypothèse d’un scrutin en septembre gagne donc du terrain.

Mais rien n’est encore joué. Dans le camp orthodoxe, les positions ne sont pas totalement alignées. Shas affiche pour l’instant une plus grande prudence que Degel HaTorah. Pourtant le rôle de Shas pourrait être décisif. Si le parti vote contre la proposition de dissolution de l’opposition, ou même s’il choisit de s’abstenir, il sera difficile de réunir la majorité de 61 députés nécessaire pour faire avancer le processus. C’est précisément pourquoi les déclarations fracassantes des derniers jours doivent encore être prises avec prudence : entre les menaces politiques et le vote effectif à la Knesset, l’écart reste important.


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