Vie politique

Vers une dissolution de la Knesset : la coalition dépose sa propre proposition de loi

Le président de la coalition, Ofir Katz, a déposé ce soir, mercredi, une proposition de loi visant à dissoudre la 25e Knesset, avec le soutien des chefs de toutes les factions de la majorité.

4 minutes
13 mai 2026

ParNathalie Sosna Ofir

Vers une dissolution de la Knesset : la coalition dépose sa propre proposition de loi

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Comme nous le pressentions plus tôt dans la soirée, la coalition a finalement choisi de prendre elle-même l’initiative.

L’objectif est clair : ne pas laisser l’opposition fixer le rythme ni le récit politique de la chute éventuelle du gouvernement. En déposant elle-même le texte, la coalition cherche surtout à garder le contrôle sur la date des élections anticipées. La proposition doit être soumise au vote la semaine prochaine. Le calendrier précis de la dissolution et la date du scrutin seront ensuite déterminés au sein de la commission de la Knesset.

Cette décision intervient après l’annonce des partis ultraorthodoxes, qui ont fait savoir qu’ils agiraient en faveur de la dissolution du Parlement. Plus tôt dans la journée, la coalition avait déjà retiré de l’ordre du jour de la plénière l’ensemble de ses projets de loi, dont le très sensible texte sur les nominations dans la haute fonction publique.

La crise s’est brutalement aggravée après la déclaration du rabbin Dov Lando, chef spirituel de Degel HaTorah, qui a demandé aux députés de son parti d’œuvrer à la dissolution de la Knesset. Dans le courant lituanien de Yahadout HaTorah, la coordination des votes avec la coalition a alors été suspendue. Jusqu’à ce revirement, les députés du parti étaient encore disposés à soutenir des textes visant à affaiblir le système judiciaire, en réponse aux sanctions décidées par la Cour suprême contre les élèves de yeshiva refusant l’enrôlement.

Mais l’absence d’avancée sur la loi d’exemption de service militaire pour les ultraorthodoxes a fait voler en éclats cette coopération. Les partis haredim refusent désormais de soutenir plusieurs textes importants pour le gouvernement, dont la réforme du mode de nomination des hauts responsables de l’État.

Ce projet de loi, voulu par Benyamin Netanyahou avant d’éventuelles élections, donnerait au gouvernement un pouvoir presque exclusif pour nommer et révoquer plusieurs postes clés : le conseiller juridique du gouvernement, le commissaire de la fonction publique, le chef d’état-major, le chef du Shin Bet, le chef de la police et d’autres hauts responsables. Il prévoit aussi que toute nomination en cours serait annulée 100 jours après la formation d’un nouveau gouvernement, sauf décision contraire de celui-ci.

En parallèle, l’opposition accentue elle aussi la pression pour provoquer des élections anticipées. Elle a retiré ses propres textes afin de placer la coalition face à ses contradictions et de l’embarrasser lors des votes.

Reste désormais la question centrale : quand les Israéliens seront-ils appelés aux urnes ? Dans l’entourage de Netanyahou, on cherche à repousser l’échéance autant que possible, afin de permettre au Premier ministre d’accumuler de nouveaux acquis militaires et diplomatiques avant la campagne. Netanyahou a répété à plusieurs reprises à ses partenaires qu’il souhaitait aller au bout de la législature, mais la crise récurrente autour de la conscription des ultraorthodoxes menace une nouvelle fois la stabilité de son gouvernement.

Plusieurs dates ont déjà été évoquées lors de discussions informelles. Outre la date initialement prévue pour les prochaines élections, le 27 octobre, deux options circulent : le 1er septembre et le 15 septembre. Ces deux dates seraient favorables à Shas. Aryeh Deri estime que la période du mois d’Eloul et des selihot pourrait favoriser une mobilisation plus forte de son électorat.

Mais au Likoud comme au sein du parti Sionisme religieux, certains jugent cette option risquée et plaident pour attendre. Le ministre des Finances Bezalel Smotrich, dont le parti reste menacé par le seuil électoral, préférerait maintenir le scrutin le plus tard possible, idéalement à la date initiale du 27 octobre. Une autre possibilité évoquée est celle du 20 octobre.

La coalition a donc lancé le processus, mais rien n’est encore totalement joué. La bataille porte désormais autant sur la date des élections que sur le récit politique de cette dissolution : chute subie sous la pression des ultraorthodoxes et de l’opposition, ou sortie organisée par la majorité elle-même. Dans les deux cas, Israël semble s’approcher à grands pas d’une nouvelle campagne électorale.

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