La plus importante délégation jamais envoyée par les industries de défense israéliennes s’est rendue en Finlande pour une série de rencontres avec l’armée, le ministère de la Défense et des entreprises locales du secteur sécuritaire.
Le contraste est saisissant. D’un côté, une opinion publique finlandaise largement critique d’Israël depuis la guerre à Gaza, avec des prises de position favorables aux Palestiniens. De l’autre, une coopération militaire de plus en plus étroite entre Jérusalem et Helsinki, portée par la crainte grandissante de la menace russe.
La délégation israélienne, organisée par SIBAT, la direction de la coopération internationale de défense au sein du ministère israélien de la Défense, comptait 32 entreprises, un record. Parmi elles : les géants Elbit Systems et Rafael, mais aussi, pour la première fois, sept start-up spécialisées dans les technologies de défense.
Le séminaire principal a été organisé en coopération avec le ministère finlandais de la Défense et l’association finlandaise des industries de défense et d’aéronautique. Côté finlandais, plusieurs responsables de premier plan étaient présents, dont le vice-chef d’état-major, le chef de l’administration des achats militaires et la présidente de l’association des industries de défense.
L' intention finlandaise est claire : élargir les achats auprès des industries israéliennes et développer de nouveaux partenariats technologiques.
Cet intérêt n’a rien d’anecdotique. Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, la Finlande, qui partage une longue frontière avec la Russie, a fortement accéléré son réarmement. Déjà cliente importante des industries israéliennes, elle achète depuis plusieurs années des systèmes avancés, notamment des munitions pour chars et des missiles.
En 2023, Helsinki avait signé un contrat majeur pour l’acquisition du système de défense antimissile Fronde de David, développé par Rafael et Israel Aerospace Industries, pour un montant estimé à 1,3 milliard de shekels.
Aujourd’hui, plusieurs coopérations industrielles sont déjà en place : Les achats finlandais auprès des industries israéliennes atteignent désormais plusieurs centaines de millions de dollars par an, avec une tendance à la hausse.
« Nous avons une excellente relation avec le ministère finlandais de la Défense et de nombreux projets communs. L’armée finlandaise mène actuellement 23 projets avec l’industrie de défense israélienne. Pour eux, il ne s’agit pas seulement d’acheter, mais aussi de comprendre notre doctrine militaire et nos projets futurs. » confie un responsable israélien.
Pour Israël, la Finlande représente bien plus qu’un marché. Depuis son entrée dans l’OTAN en 2023, elle est perçue comme une porte d’entrée stratégique vers les appels d’offres de l’Alliance atlantique et vers les pays nordiques. L’idée est aussi de pouvoir produire localement selon les standards de l’OTAN, afin de renforcer la présence israélienne dans l’écosystème européen de défense.
La Finlande en offre aujourd’hui un exemple particulièrement frappant : pendant qu’une partie de son opinion publique conteste Israël sur la scène de l’Eurovision, son armée renforce sa dépendance aux technologies israéliennes pour se protéger face à la Russie.
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