L’une des portes d’entrée de ce versant mal connu est la réserve naturelle d’Enot Tzukim, aussi appelée Ein Feshkha. Gérée par l’Autorité israélienne de la nature et des parcs, elle contraste avec l’image d’une mer Morte aride et silencieuse. Ici, l’eau affleure, la végétation est dense, les oiseaux migrateurs trouvent refuge et le site mérite son surnom de « jungle de la mer Morte ».
Dans le contexte de la guerre, la réserve est aussi devenue un lieu de respiration. Un espace de récupération mentale pour des communautés traumatisées et des unités revenues du front. Dans la partie cachée de la réserve, accessible uniquement avec un guide, des ateliers de résilience et des séances de « bain de forêt » sont organisés.
Mais ce paysage reste fragile. Depuis 1969, le rivage de la mer Morte a reculé d’environ deux kilomètres. La baisse du niveau de l’eau déplace les sources : certaines disparaissent, d’autres surgissent plus au sud. La réserve est ainsi devenue un laboratoire naturel où les changements géologiques se lisent presque en temps réel.
En kayak, en vélo électrique ou en véhicule tout-terrain léger, les visiteurs accèdent à des zones habituellement invisibles : plages isolées, bassins d’eau douce près des dolines, cristaux de sel, boue noire et formations minérales spectaculaires. Le kayak permet notamment de découvrir une mer Morte presque irréelle, entre silence, sel et lumière.
L’expérience se prolonge à terre avec des initiatives de tourisme local : cuisine casher dans le désert, hébergements en caravanes aménagées au cœur des palmeraies, bains sous les étoiles et petits-déjeuners face au paysage. Une proposition plus intime que les grands hôtels du sud.