En 2025, 22 522 personnes ont fait leur alya, soit environ 10 000 de moins qu'en 2024, une baisse significative. Derrière ce recul quantitatif se dessine une mutation: l'alya en provenance des pays occidentaux connaît un essor sans précédent, en particulier de France et des Etats-Unis.
Alors que les années précédentes étaient marquées par une immigration majoritairement venue de l'Est (Russie, Ukraine) ou d'Ethiopie, 2025 marque un tournant. Les arrivées depuis les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et le Canada ont progressé de 25 %, portant la part des immigrants occidentaux de 21 % en 2024 à 38 % en 2025. La hausse la plus marquée concerne les Juifs de France avec 3 300 olim recensés soit une augmentation de 45% par rapport à 2024. Ce chiffre place la France au deuxième rang des pays d'origine de l'alya en 2025, juste derrière les États-Unis avec environ 3 500 olim.
Au-delà des chiffres bruts, c'est la composition des nouveaux immigrants qui retient l'attention des analystes. Les arrivants sont désormais majoritairement des jeunes célibataires ou de jeunes familles, issus de professions qualifiées correspondant aux besoins de l'économie israélienne. Environ un tiers des immigrants appartiennent à la tranche des 18-35 ans, proportion qui grimpe à 40 % parmi les immigrants occidentaux.
Les auteurs du rapport interprètent cette tendance comme un signal : des jeunes Juifs choisissent précisément aujourd'hui de placer leur confiance dans l'avenir d'Israël. Cette lecture est confortée par une hausse de trois points du taux d'étudiants parmi les nouveaux immigrants. Durant l'année académique 2024-2025, 5 535 étudiants immigrants étaient inscrits dans des établissements d'enseignement supérieur israéliens, principalement dans les universités Reichman, Bar-Ilan, Hébraïque de Jérusalem et Tel-Aviv. Le contexte de tensions sur les campus universitaires mondiaux depuis le 7 octobre 2023 n'est probablement pas étranger à cette dynamique.
Malgré une légère baisse de quelques centaines par rapport à l'année précédente, 3 165 nouveaux immigrants se sont engagés dans l'armée israélienne en 2025, dont 61 % d'hommes. Parmi eux, 43 % ont le statut de « soldat seul », militaires sans famille en Israël. Les principaux pays d'origine de ces recrues sont les États-Unis, la Russie, l'Éthiopie, l'Ukraine et la France.
Contrairement à certaines idées reçues, l'alya récente contribue activement à l'économie israélienne. 62 % des immigrants de 2025 occupent un emploi, et parmi eux, 82 % travaillent à temps plein. Le rapport note également que les jeunes immigrants trouvent du travail plus rapidement que les générations précédentes.
Parmi les profils hautement qualifiés, on dénombre 541 médecins ayant fait leur alya en 2025, ainsi que 25 scientifiques accueillis dans le cadre de programmes spécialisés.