Israël a célébré cette semaine Yom Yeroushalayim, le Jour de Jérusalem qui marque le 59ème anniversaire de la réunification de la capitale. Jérusalem inspire en moi et en nous tous je le crois, fierté, beauté, prestige, honneur mais aussi détermination et résolution : celles de notre peuple qui assume désormais son destin « libre sur la terre de Sion » comme nous le disons dans notre hymne national.
Je ne pouvais pas ne pas marquer cette célébration qui chaque année, le 28 du mois de Iyar du calendrier hébraïque, nous permet de nous arrêter un instant sur la signification de la réunification de Jérusalem.
Je crois inutile de rappeler combien Jérusalem compte pour le peuple juif dont toute l’historiographie nous renvoie, quelles que soient les époques, à ce lien si particulier entre une ville et une nation.
Convoitée et enviée par tant d’envahisseurs, conquise et détruite par tant d’assaillants, adorée et invoquée par tant de fidèles, seul le peuple juif dispose de tous ses lieux saints et sacrés uniquement à Jérusalem, pour laquelle nous avons prié pendant deux mille ans, rêvant de notre retour dans cette ville pour y forger notre destin national retrouvé.
L’ancien diplomate que je suis ne peut pas ne pas évoquer les aspects géopolitiques modernes qui ne cessent d’accompagner la question de Jérusalem.
Rappelons quelques faits élémentaires :
Jérusalem n’a été capitale que lorsque la souveraineté juive s’exerçait sur la ville. A aucun moment de la longue domination musulmane et arabe, Jérusalem n’a servi de capitale.
Le plan de partition de la Palestine adopté par l’ONU le 29 novembre 1947, la célèbre résolution 181, a été accepté par l’Agence juive qui faisait figure de gouvernement du Yishouv mais rejeté par le Haut conseil arabe et tous les autres pays arabes indépendants à l’époque.
Ce plan avait prévu, outre le partage du territoire de la Palestine mandataire, un statut spécial pour Jérusalem. Je cite le texte de la résolution :
« La Ville de Jérusalem sera constituée en corpus separatum sous un régime international spécial et sera administrée par les Nations unies. »
Ce statut devra être réexaminé au terme d’une période de 10 ans dans le cadre notamment d’une consultation de ses habitants.
On aurait pu croire que Jérusalem ne devait donc appartenir à personne, à aucun des deux futurs Etats que la résolution avait recommandé de créer ?
Mais c’est là le point le plus important. Car nous savions que depuis le recensement ottoman de 1858, la majorité démographique de Jérusalem était juive.
Nous ne craignions donc pas le référendum prévu par la résolution et savions qu’au terme de la période ce statut spécial, Jérusalem rejoindrait l’Etat juif que nous allions créer.
C’est l’une des raisons du refus arabe et de la guerre de 1948.
Voilà pourquoi je considère comme aberrante la position de la communauté internationale qui refuse de reconnaitre Jérusalem comme capitale d’Israël.