Ces négociations, menées depuis plusieurs semaines sous médiation pakistanaise, visent selon Téhéran à parvenir à un mémorandum en 14 points destiné à mettre un terme au conflit, garantir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz et mettre fin à ce que l’Iran décrit comme une « piraterie américaine ».
Malgré les déclarations optimistes venues des États-Unis, les responsables iraniens insistent sur le fait qu’aucun calendrier précis n’a été fixé pour une éventuelle signature. « Personne ne peut prétendre qu’un accord est imminent », a affirmé, lors d'une cobnférence de presse, ce matin, lundi, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ismaïl Baqaï,, qui a également dénoncé « l’incohérence politique américaine ».
Selon l’agence iranienne Tasnim, le scepticisme reste profond à Téhéran. Une source iranienne proche du dossier affirme que les échanges avec Washington se déroulent dans un climat de « méfiance absolue » envers l’administration américaine, accusée d’avoir un « très mauvais historique en matière de négociations ». Les responsables iraniens pointent notamment l’opposition au Congrès américain ainsi que l’influence du « régime sioniste » sur les décisions prises à Washington.
L’Iran affirme par ailleurs qu’il conservera ses « leviers de pression » même en cas d’accord et qu’il surveillera de près la mise en œuvre des engagements américains.
Téhéran exige notamment un allègement rapide des sanctions et des mesures de blocus américaines dès les premières étapes d’un éventuel accord. En échange, la République islamique se dit prête à garantir la sécurité du passage maritime dans le détroit d’Ormuz, en tant qu’État riverain. Les Iraniens se disent disposés à discuter des modalités sur une période de 60 jours, tout en martelant que « la question nucléaire n’est actuellement pas sur la table ».
Dans le même temps, plusieurs responsables iraniens ont adopté un ton particulièrement offensif. Mohsen Rezaï a ainsi averti : « Nos tactiques étaient “œil pour œil”, mais dans la guerre diplomatique, l’équation est “un pas contre un pas”. Si les Américains veulent un carburant à six dollars le gallon, qu’ils poursuivent leurs manœuvres jusqu’à se lasser d’attendre. L’Iran ne cédera pas à la logique de la force et de la menace. »
Parallèlement aux discussions diplomatiques, l’armée iranienne affirme poursuivre ses préparatifs militaires. Le commandant du quartier général central « Khatam al-Anbiya », le général Abdolrahim Mousavi Abdollahi, a assuré que « les capacités militaires iraniennes sont restées intactes » malgré les tensions régionales. Le responsable militaire a salué les performances du système de défense aérienne iranien durant ce qu’il a qualifié de « troisième guerre imposée à l’Iran », avant de menacer du déploiement prochain de nouveaux systèmes de défense aérienne. « Notre pays mettra bientôt en service de nouveaux systèmes capables de faire face plus efficacement aux attaques », a-t-il déclaré, promettant de « poursuivre le combat contre les ennemis jusqu’à leur défaite ».
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