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Washington négocie-t-il encore avec les vrais maîtres de l’Iran ?

L’analyste Erfan Fard estime que les États-Unis continueraient à négocier avec une façade diplomatique, ce qui explique le piétinement des discussions

2 minutes
25 mai 2026

ParNathalie Sosna Ofir

Washington négocie-t-il encore avec les vrais maîtres de l’Iran ?
Le pouvoir serait-il exclusivement entre les mains des Gardiens de la réolution iraniens.?

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L’analyste Erfan Fard estime que le véritable problème dépasse désormais la question nucléaire : les États-Unis continueraient à négocier avec une façade diplomatique, alors que le véritable pouvoir serait concentré entre les mains des Gardiens de la révolution iraniens.

L’auteur affirme que la CIA aurait progressivement compris que les institutions officielles iraniennes - présidence, Parlement ou ministère des Affaires étrangères - ne seraient plus que des structures symboliques, privées de véritable pouvoir décisionnel. Les décisions stratégiques concernant le nucléaire, les capacités militaires ou les réseaux régionaux seraient aujourd’hui prises directement par le noyau sécuritaire du régime.

Depuis la révolution islamique de 1979, Washington aurait sous-estimé dès le départ la nature idéologique du régime instauré par l’ayatollah Khomeiny et n’aurait jamais réellement compris l’ampleur de la doctrine du « Velayat-e Faqih », qui a transformé l’Iran en théocratie chiite. Les Gardiens de la révolution sont bien plus qu’une simple force militaire : un empire idéologique, économique, sécuritaire et terroriste devenu le système lui-même.

Dans cette perspective, les frappes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran auraient paradoxalement accéléré la militarisation du régime. La disparition d’Ali Khamenei n’aurait pas provoqué l’effondrement du pouvoir iranien, précisément parce que les IRGC auraient déjà absorbé l’essentiel des centres de décision.

Washington se retrouverait aujourd’hui prisonnier d’un paradoxe stratégique : les États-Unis craindraient autant la survie du régime iranien que son effondrement brutal, redoutant qu’un chaos en Iran ne déstabilise durablement le Golfe et l’ensemble du Moyen-Orient.

La question centrale ne serait donc plus seulement celle du nucléaire iranien, mais celle de savoir si les États-Unis acceptent enfin de reconnaître qu’ils ne négocient peut-être plus avec les véritables détenteurs du pouvoir à Téhéran.


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