Lundi dernier, une délégation d’élus de La France Insoumise (LFI) et d’écologistes s'est rendue à la prison d'Osny (Val-d’Oise). Si l'objectif officiel affiché était de contrôler les conditions de détention, les entorses répétées au règlement et le focus ultra-ciblé sur un détenu palestinien nommé « Ali » suscitent une vive polémique.
Le droit de visite parlementaire est inaliénable : aucun établissement pénitentiaire ne peut s'y opposer. La direction a ouvert ses portes quelques minutes après l'arrivée de la délégation. Les règles ont toutefois été rappelées avec fermeté : les élus ne peuvent pas évoquer la situation pénale des détenus, ni demander à en voir un en particulier sans décision judiciaire.
Après la visite du quartier disciplinaire et des douches, la délégation exige l'ouverture d'une cellule précise. À l'intérieur se trouve « Ali », réfugié palestinien en détention provisoire depuis mai 2024. Selon des sources pénitentiaires, plusieurs infractions au cadre légal auraient été constatées : échange en arabe entre Rima Hassan et le détenu, langue non contrôlable par les surveillants, bribes de conversation portant sur la situation pénale d'Ali, et plusieurs accolades entre l'eurodéputée et le détenu. Rima Hassan a également demandé à photographier Ali à visage découvert, ce qui lui a été refusé faute d'autorisation judiciaire.
À peine sortie d'Osny, Rima Hassan a publié sur X une photo d'Ali prise de dos, le qualifiant de « réfugié palestinien en détention provisoire depuis deux ans sur la base d'accusations provenant de l'État colonial israélien », ajoutant que « la France lui a retiré son statut de réfugié et se range du côté de son oppresseur sans même qu'il soit jugé ».
Ce que l'eurodéputée omet dans sa publication, c'est qu'Ali a été placé en détention provisoire le 31 mars 2024 par un juge des libertés et de la détention français, donc indépendant de tout État étranger. Il est mis en examen pour « complicité de tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste », « association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation d'atteintes aux personnes » et « financement d'entreprise terroriste ». Pendant trois mois, il a transité par le quartier d'évaluation de la radicalisation de Vendin-le-Viel avant d'être transféré dans le Val-d'Oise.