Alors que les négociations se poursuivent autour d’un possible accord mettant fin à la guerre, l’Iran traverse l’une des plus graves crises économiques de son histoire récente. Sous l’effet du blocus maritime américain et des sanctions, la situation économique se dégrade à une vitesse alarmante, au point que les autorités iraniennes elles-mêmes reconnaissent désormais publiquement l’ampleur du danger.
Selon le président, l’Iran rencontre de grandes difficultés pour exporter son pétrole, collecter les impôts et répondre à la détresse croissante des entreprises et des citoyens.
Le principal pilier de l’économie iranienne - les exportations pétrolières - est directement touché par le blocus maritime imposé par les États-Unis. Selon plusieurs responsables iraniens cités par le Wall Street Journal, les capacités de stockage du pétrole arrivent à saturation, au point que Téhéran pourrait être contraint de fermer certains puits de pétrole. Une perspective particulièrement inquiétante : la remise en activité de vieux puits peut prendre des mois et provoquer des dommages irréversibles aux infrastructures énergétiques.
Les autorités iraniennes ont déjà commencé à appeler la population à économiser le carburant, l’eau et l’électricité. Le gouvernement reconnaît implicitement que la crise ne touche plus seulement le secteur énergétique mais l’ensemble de la vie quotidienne.
Sur le terrain, les conséquences sociales deviennent de plus en plus visibles. Plus d’un million d’Iraniens ont déjà perdu leur emploi, certains estimant même que le chiffre approche les deux millions. La monnaie iranienne continue de s’effondrer tandis que les prix des produits de base explosent : Riz, viande, pain ou fromage.
Les réserves de devises disponibles de l’Iran ne permettraient pas de financer plus de trois mois d’importations au rythme d’avant-guerre, situation qui réduit fortement les marges de manœuvre du régime si les revenus pétroliers continuent de chuter.
Face à cette pression, le pouvoir iranien tente de maintenir une image de contrôle. Les médias d’État multiplient les appels aux économies d’énergie et à la réduction de la consommation d’eau, alors que le pays risque de replonger dans une grave crise hydrique à l’approche de l’été.