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Joël Kotek évincé de l'IHRA : la Belgique accusée de censurer un expert de l'antisémitisme

Une éviction qui suscite une profonde indignation au sein de la communauté scientifique et des organisations internationales de lutte contre l’antisémitisme.

3 minutes
28 mai 2026

ParGuitel Benishay

Joël Kotek évincé de l'IHRA : la Belgique accusée de censurer un expert de l'antisémitisme

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Le professeur Joël Kotek, figure incontournable de l'étude de la Shoah et de l’antisémitisme contemporain, a reçu un courrier officiel des autorités belges lui signifiant la fin de sa mission au sein de l'IHRA (Alliance internationale pour la mémoire de l'Holocauste). Membre actif de cette instance internationale depuis plus de quinze ans, le chercheur se voit brutalement écarté, une décision qualifiée de « choquante » et de « politique » par de nombreux observateurs.

Selon les révélations de l'Institut Jonathas (laboratoire d’analyse de l’antisémitisme cofondé par Joël Kotek), cette mise à l’écart fait directement suite à une réunion stratégique de l'IHRA. Lors de cette commission dédiée à l'évaluation de la haine anti-juive depuis les attaques du 7 octobre, l'universitaire a dressé un bilan sans concession de la situation en Belgique. Pour illustrer ce qu'il qualifie de « laboratoire de l’antisémitisme européen », Joël Kotek a listé plusieurs faits documentés qui secouent le pays et qui sont directement liés à des manifestations pro-palestiniennes.

Cette liberté de ton et ce diagnostic critique ont manifestement déplu au Service public fédéral Affaires étrangères belge, qui a acté son éviction dans la foulée, interprétant ses analyses comme une charge contre l’État.

L'annonce de cette sanction a immédiatement déclenché une vague de condamnations à travers l'Europe. L'European Jewish Congress (EJC) s'est associé au communiqué de l'Institut Jonathas, affirmant que le professeur Kotek a été écarté « pour avoir fait précisément ce pour quoi l'IHRA existe : parler clairement et honnêtement de l'antisémitisme ».

En France, la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme) a exprimé son soutien total au professeur, dénonçant « une atteinte grave à la liberté intellectuelle et à la vigilance démocratique ». De son côté, l'American Jewish Committee (AJC) a exhorté le gouvernement belge à faire marche arrière et à réintégrer immédiatement l'historien, rappelant que « personne n'est plus qualifié que lui pour siéger dans cette délégation ».

L'Institut Jonathas rappelle que le conflit au Proche-Orient sert trop souvent de vecteur à l'expression d'un antisémitisme décomplexé.

Pour les proches de l’historien, écarter un expert de premier plan au moment précis où ses analyses dérangent envoie un signal extrêmement préoccupant pour l'indépendance de la recherche scientifique et la survie du devoir de mémoire. Le gouvernement belge, quant à lui, fait face à une pression internationale accrue pour justifier cette mise à pied académique inédite.


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