Moyen-Orient

La Turquie prête à normaliser ses relations avec Israël à une condition

Dans un entretien exclusif accordé à Nikkei Asia, le ministre turc des Affaires étrangères pose ses conditions à une reprise des relations diplomatiques et économiques avec Israël.

3 minutes
31 mai 2026

ParGuitel Benishay

La Turquie prête à normaliser ses relations avec Israël à une condition
Hakan Fidan. Photo: Kremlin.ru https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/deed.en

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La Turquie est prête à renouer ses relations diplomatiques et économiques avec Israël « sans aucun problème », à condition qu'Israël accepte la création d'un Etat palestinien. C'est ce qu'a affirmé Hakan Fidan, le ministre turc des Affaires étrangères, sur le site Nikkei Asia.

Fidan, qui a dirigé pendant plus d'une décennie le renseignement national turc (MIT) et est considéré comme l'architecte de la politique étrangère du président Recep Tayyip Erdoğan, a affirmé : « Nous avons clairement indiqué que, lorsque nous avons suspendu nos échanges commerciaux, nous exigions qu'Israël cesse de tuer des Palestiniens et de priver les habitants de Gaza de l'accès à des besoins élémentaires: nourriture, abri, médicaments, eau. Si ces conditions sont remplies, nous pouvons revenir à une vie normale. Notre aspiration est de parvenir à une solution à deux États. »

Fidan a rappelé que la Turquie et Israël entretiennent des relations diplomatiques depuis 1949, et que le volume des échanges bilatéraux s'élevait à environ dix milliards de dollars à la veille du 7 octobre 2023.

Le chef de la diplomatie turque a révélé que le président américain Donald Trump avait, lors de ses échanges avec des dirigeants du Moyen-Orient, exhorté la Turquie à rejoindre les Accords d'Abraham. Fidan n'a pas précisé la réponse d'Ankara à cette sollicitation, mais pose comme condition la reconnaissance d'un État palestinien dans les frontières de 1967.

Au-delà du dossier bilatéral, le ministre turc développe une vision plus large pour la stabilité régionale. Il propose la création d'une plateforme de coopération multilatérale dans laquelle chaque pays membre s'engagerait à respecter la souveraineté, la sécurité et l'intégrité territoriale des autres.

Dans une première phase, cette architecture inclurait le Pakistan, la Turquie, l'Arabie saoudite, l'Égypte et les États du Golfe persique. « Quand les choses se seront stabilisées, peut-être que l'Iran devra aussi en faire partie », a-t-il ajouté. Israël pourrait à terme intégrer cette plateforme mais uniquement si l'État hébreu reconnaît un État palestinien dans les frontières de 1967. « Si ce problème est résolu, je crois que les pays de la région contribueront grandement à garantir la sécurité d'Israël », a conclu Fidan sur ce point.

Sur le dossier iranien, Fidan affiche un optimisme mesuré. Il indique que la Turquie soutient les efforts de médiation conduits par le Pakistan et le Qatar entre les Etats-Unis et l'Iran, et juge un accord « plus proche que jamais ».

Le ministre turc estime enfin qu'un accord américano-iranien sur la fin des hostilités accélérerait sensiblement les efforts en faveur d'un plan de paix pour la Bande de Gaza.

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