La démission d'Alexandra Palt de la présidence du WWF France, annoncée jeudi sur LinkedIn, a déclenché une polémique qui dépasse largement le cadre d'un simple conflit de gouvernance. Derrière le départ de cette dirigeante bénévole nommée en 2024, une séquence révélatrice des tensions qui traversent le monde associatif français, et une instrumentalisation de la communauté juive qui a suscité un malaise profond au sein même de l'organisation.
Une manifestation antiraciste à l'origine de la crise
Tout commence le 4 avril, lorsqu'Alexandra Palt se rend à Saint-Denis pour participer à un rassemblement contre le racisme organisé à l'initiative du nouveau maire de la ville, Bally Bagayoko, élu sous l'étiquette La France insoumise. Le lendemain, elle relate sa présence sur son compte LinkedIn, évoquant ses origines autrichiennes et ses convictions personnelles : « Je me suis souvenue pourquoi j'étais venue vivre en France il y a 26 ans. Être là, c'était essentiel. »
Cette publication déclenche une réaction immédiate au sein du conseil d'administration. La présidente d'honneur du WWF France, Isabelle Autissier, et un administrateur, Antoine Housset, lui adressent un message lui reprochant d'avoir affiché publiquement une prise de position susceptible de compromettre l'apolitisme de l'organisation. « Notre organisation se bat depuis sa création pour qu'il n'y ait pas de doute sur son apolitisme. Son objet social n'intègre pas la lutte contre le racisme », lui écrivent-ils, selon ce que rapporte Alexandra Palt.
L'intéressée se défend d'avoir agi au nom du WWF : elle affirme s'être rendue au rassemblement « sans prendre la parole, ni afficher un signe d'appartenance à l'organisation ». Elle souligne par ailleurs qu'Isabelle Autissier avait elle-même, en 2012, signé un communiqué commun avec le Parti de gauche fondé par Jean-Luc Mélenchon.
La mention des « donateurs juifs » enflamme le débat
Mais c'est un autre extrait du message interne qui a mis le feu aux poudres. Les deux administrateurs y écrivaient : « Encore faudrait-il, en l'occurrence, que cette manifestation n'ait pas été organisée par un parti souvent critiqué pour son attitude à l'égard des juifs qui, tu l'imagines, font partie de nos donateurs. »