Hier (mardi), l'Office of Foreign Assets Control (OFAC) - le bras armé du département du Trésor américain en matière de sanctions financières - a inscrit sur sa liste des « ressortissants spécialement désignés » quatre plateformes iraniennes d'échange de cryptomonnaies : Nobitex, Wallex, Bitpin et Ramzinex. Quatre ressortissants iraniens liés à ces entreprises ont également été visés. Cette décision interdit à toute personne, entreprise ou entité américaine de réaliser des transactions avec ces plateformes, sous peine de sanctions fédérales.
Il s'agit de l'action la plus large jamais menée par le Trésor américain contre l'écosystème crypto iranien, lui-même estimé à plus de 7,78 milliards de dollars en 2025.
Selon l'OFAC, Nobitex a non seulement facilité des paiements de rançon pour des groupes cybercriminels affiliés aux Gardiens de la Révolution, mais a aussi permis à la Banque centrale iranienne d'accéder à des centaines de millions de dollars en stablecoins, des cryptomonnaies dont la valeur est indexée sur le dollar, afin de soutenir la monnaie nationale iranienne, le rial. L'échange a de plus servi de canal pour que des responsables du régime transfèrent leurs avoirs vers des plateformes internationales et contournent ainsi les sanctions.
Deux cofondateurs de Nobitex appartiennent à la famille Kharrazi, proche de l'ancien Guide suprême, l'ayatollah Khamenei. Son PDG en exercice, Seyed Ali Khoee, figure également sur la liste de l'OFAC.
Ces sanctions s'inscrivent dans une campagne de pression plus large, baptisée « Opération Fureur Économique » (Economic Fury), lancée par l'administration Trump pour asphyxier les canaux de financement de Téhéran. Depuis le début du conflit américano-iranien, les autorités américaines affirment avoir saisi environ un milliard de dollars en cryptomonnaies liées à l'Iran, notamment en « saisissant les portefeuilles », c'est-à-dire en prenant le contrôle des comptes numériques associés à des entités sanctionnées.
La campagne ne se limite pas aux cryptomonnaies : le Trésor a également renforcé ses mesures contre les réseaux bancaires parallèles de Téhéran, sanctionné des filières d'approvisionnement en armes et visé des milices soutenues par l'Iran en Irak. Washington et ses partenaires ciblent également l'immobilier et d'autres actifs détenus à l'étranger par des responsables iraniens, qui déplaçaient auparavant, selon Bessent, des centaines de millions de dollars chaque mois.