Le Premier ministre Sébastien Lecornu a prononcé ce mercredi devant l'Assemblée nationale une charge particulièrement virulente contre la politique militaire du gouvernement Netanyahou, dénonçant une « stratégie de guerre permanente » qu'il juge non seulement illégale, mais dangereuse pour Israël lui-même et pour la stabilité de toute la région.
« Israël doit mettre fin à cette guerre et fin à l'occupation illégale qu'il fait du territoire libanais. », a martelé le chef du gouvernement français, qui n'a, à aucun moment, fait mention des attaques incessantes du Hezbollah qui, en cette période de "cessez-le-feu" ont déjà fait 14 morts.
Le Premier ministre a également pris soin de distinguer les différents acteurs israéliens : « Le peuple israélien, l'État israélien, le gouvernement israélien mené par le Premier ministre Netanyahou — ce que fait ce gouvernement met en danger, sur le moyen et le long terme, la sécurité de l'État d'Israël. » Une façon de cibler nommément Netanyahou tout en ménageant le peuple et les institutions israéliennes.
C'est la notion de « stratégie de guerre permanente » que Lecornu a placée au cœur de sa critique. Selon lui, cette stratégie « non seulement doit être entravée et combattue », mais nécessite également un travail de conviction auprès des partenaires régionaux et, surtout, des États-Unis. La France se targue d'être, selon ses propres mots, « l'un des rares États européens » à avoir dit clairement aux Américains qu'il n'y aurait pas de solution globale à la guerre contre l'Iran sans traiter simultanément les questions libanaises et palestiniennes.
Lecornu a rappelé le lien « singulier et historique » unissant la France au Liban, tout en soulignant que la question libanaise impactait directement le cours des négociations en cours entre l'Iran et les États-Unis. « Ce qu'on appelle une forme de cessez-le-feu par le feu, c'est inacceptable », a-t-il martelé, insistant sur la fragilité de la situation sur le terrain.