Cédric Klapisch, réalisateur de L’Auberge espagnole et co-créateur de la série Dix pour cent, est en Israël à travers son nouveau film Les Couleurs du temps, projeté dans les salles du pays. Le cinéaste français juif revient sur son rapport au judaïsme, qu’il décrit moins comme une pratique religieuse que comme une transmission familiale, culturelle et artistique.
Fils d’une famille marquée par la Shoah, Klapisch raconte que son père avait survécu caché en France pendant la guerre, tandis que les parents de sa mère avaient été arrêtés et assassinés à Auschwitz. Cette mémoire, dit-il, a nourri son rapport à la comédie : rire, créer et transmettre seraient pour lui une forme de réponse à l’histoire.
Interrogé sur le 7 octobre, le réalisateur parle d’un choc « terrible » et d’un acte « barbare ». Il dit aussi son inquiétude face à la montée des guerres, de l’antisémitisme et des tensions en Europe comme au Moyen-Orient. « Pour la première fois de ma vie, je ne suis pas vraiment optimiste », confie-t-il, estimant que l’époque actuelle rappelle dangereusement les années 1930.
Klapisch, qui se dit critique du gouvernement israélien, insiste toutefois sur une distinction essentielle : il ne faut pas confondre les Juifs avec les choix politiques d’un gouvernement. Une nuance devenue de plus en plus difficile à défendre en Europe, où, selon lui, l’antisémitisme « relève un peu la tête ».
Avec Les Couleurs du temps, le réalisateur revient aussi à ses thèmes de prédilection : la famille, la mémoire, la transmission et le lien entre l’individu et le collectif. Des sujets qui, chez lui, restent profondément liés à son identité juive.
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