Alors que la frontière avec la Syrie reste relativement calme, Tsahal refuse de céder à l’optimisme. Dans un entretien accordé à Ynet, le colonel Benny Kata, commandant sortant de la brigade 474 déployée sur le plateau du Golan, affirme que la principale préoccupation de l’armée est désormais d’anticiper les menaces de demain.
Selon lui, les leçons tirées des guerres en Ukraine, à Gaza et au Liban montrent que les champs de bataille évoluent rapidement. « Même lorsque nous trouvons une solution, l’ennemi apprend à la contourner et développe la menace suivante », explique-t-il. Le commandant estime notamment que les drones, qui ont profondément transformé les conflits récents, finiront par devenir un défi majeur également sur le front syrien.
Tsahal affirme avoir renforcé ses capacités défensives et développé de nouveaux systèmes d’armes pour conserver une longueur d’avance. Mais l’armée observe avec attention les évolutions en Syrie, où le nouveau régime tente de reconstruire ses forces après l’effondrement de l’armée d’Assad. Si aucun renforcement militaire significatif n’a été identifié à proximité immédiate de la frontière, les responsables israéliens restent prudents.
Le colonel Kata souligne également que la situation régionale demeure extrêmement fluide. « Ce qui était vrai hier peut ne plus l’être demain », avertit-il. Il évoque notamment l’implication croissante de puissances étrangères en Syrie et cite comme scénario préoccupant l’éventuelle présence future de soldats turcs près de la frontière israélienne.
Pour l’heure, Tsahal prévoit de maintenir sa présence dans les positions qu’elle contrôle au-delà de la clôture frontalière. « S’il le faut, nous serons encore ici dans cinq ans », affirme le commandant, convaincu que la sécurité du Golan dépend autant de la gestion des menaces actuelles que de la capacité à anticiper les prochaines.