Le football n’échappe plus aux bouleversements géopolitiques. À quelques jours du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, une étude menée auprès des supporters israéliens montre que les sympathies sportives sont désormais influencées par les relations diplomatiques et les positions des États vis-à-vis d’Israël.
Pendant des décennies, les sélections européennes occupaient une place privilégiée dans le cœur des amateurs israéliens de football. Les Pays-Bas de Johan Cruyff, l’Angleterre, l’Italie, l’Espagne ou encore la France figuraient parmi les équipes les plus suivies. Mais depuis les attaques du 7 octobre 2023 et la guerre qui a suivi, cette carte des affinités semble profondément redessinée.
Selon le sondage cité dans l’étude, 34 % des personnes intéressées par le Mondial déclarent aujourd’hui apprécier moins l’équipe d’Espagne qu’auparavant, tandis que 29 % disent avoir pris leurs distances avec l’équipe de France. Les critiques répétées formulées par certains dirigeants européens contre Israël, ainsi que la multiplication des manifestations hostiles dans plusieurs pays du continent, sont souvent avancées pour expliquer ce changement de perception.
L’Égypte enregistre également un recul de popularité auprès des supporters israéliens, tout comme la Tunisie, le Maroc, les Pays-Bas et le Royaume-Uni. Pour de nombreux répondants, il devient difficile de dissocier le football de l’attitude perçue de ces pays envers Israël.
À l’inverse, les sélections du continent américain connaissent un net regain de popularité : Argentine en tête des préférences avec 38 % des suffrages, devant le Brésil, crédité de 24 %, les États-Unis et l’Uruguay.
L’Argentine bénéficie notamment de la popularité de son président, Javier Milei, dont le soutien affiché à Israël a renforcé le sentiment de proximité entre les deux pays. Selon l’auteur de l’étude, la sélection albiceleste est désormais perçue non seulement comme une grande nation du football, mais aussi comme le symbole d’un pays considéré comme un allié fidèle d’Israël.