Sécurité

Un soldat rapatrié du Liban pour un écusson « Messie »

Ce qui aurait pu rester un incident disciplinaire interne prend une dimension particulière au regard du profil du soldat concerné

3 minutes
8 juin 2026

ParJohanna Afriat

Un soldat rapatrié du Liban pour un écusson « Messie »
Illustration : AI Gemini

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Un soldat du 12e bataillon de la brigade Golani a été rapatrié du Liban samedi, en plein shabbat, après que le commandant sortant du bataillon a remarqué qu'il portait un écusson arborant l'inscription « Messie » (Machia'h). L'incident s'est produit lors d'une prise de parole du commandant devant ses hommes. Interpellé sur-le-champ, le soldat a immédiatement obtempéré et retiré l'insigne, mais cela n'a pas suffi. Le commandant a annoncé son intention d'engager des poursuites disciplinaires, et le combattant a été évacué vers Israël dans la journée.

Un rapatriement aux conséquences opérationnelles

Ce qui aurait pu rester un incident disciplinaire interne prend une dimension particulière au regard du profil du soldat concerné. Selon sa famille, qui s'est confiée au site Kippa news, il était le seul membre de sa section autorisé à manier une arme spécialisée dans la neutralisation des drones - une menace particulièrement active sur le terrain libanais. Son absence laisse donc un vide opérationnel au moment où les combats se poursuivent.

Le soldat lui-même n'a pas caché son désarroi : « Je suis surtout inquiet parce que ma section est sur place. Nous avons déjà vécu des situations critiques, et savoir qu'ils se battent là-bas pendant que je suis dehors, loin d'eux, me pèse énormément. » Ses camarades auraient également mal vécu la situation : « Ils n'en croyaient pas leurs yeux et ont essayé de me retenir. »

La mère du soldat a exprimé sa « profonde déception » face à la décision du commandant. « Notre fils est parti combattre et protéger le peuple d'Israël au Liban, animé par un sens du devoir sacré. La foi en la venue du Messie était sa principale motivation », a-t-elle déclaré. Elle dit avoir espéré que Tsahal « accueillerait et renforcerait les combattants attachés à leur identité juive », plutôt que de les sanctionner pour une expression de foi, d'autant que son fils avait immédiatement retiré l'insigne en signe de bonne volonté. « Il est déchirant de voir un combattant motivé écarté du front pour une simple expression de sa foi. »

Une controverse récurrente dans l'armée

Cet incident n'est pas isolé. Le chef d'état-major Zamir a récemment décidé d'interdire le port de tout écusson non réglementaire, dans le cadre d'une politique plus large de renforcement de la discipline. Un précédent avait déjà agité les rangs : un soldat de la brigade Nahal, surpris en Samarie avec le même type d'écusson, a été récemment condamné à 30 jours de prison ) une sanction qui avait provoqué des remous jusque dans la sphère politique. Sa peine avait finalement été réduite de dix jours.

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