Le réchauffement climatique menace directement la production mondiale de tomates, le légume le plus consommé au monde. La majorité des variétés actuelles deviennent stériles dès que la température dépasse 35°C : les fleurs tombent et la plante cesse de produire des fruits, provoquant pertes de récoltes, pénuries et hausse des prix alimentaires.
La société israélienne BF Agritech propose une rupture technologique : au lieu de protéger la plante de la chaleur, elle a développé un mécanisme génétique permettant à la tomate de fructifier jusqu'à 45°C, et même en dessous de 10°C. Lors d'essais en plein champ, les variétés concurrentes ont affiché un taux de fructification proche de 0% sous fort stress thermique, contre 70% à 100% pour les variétés de BF Agritech, avec un rendement complet, une bonne qualité commerciale et une longue conservation.
L'enjeu dépasse largement Israël. Le marché mondial des semences de tomates pèse plusieurs milliards de dollars, et les experts estiment que les variétés résistantes à la chaleur deviendront un segment central de l'industrie d'ici la fin de la décennie, à mesure que les vagues de chaleur s'intensifient sous l'effet du changement climatique.
BF Agritech ne dépend pas d'une seule variété de tomates : elle dispose d'une banque génétique de plusieurs milliers de lignées, à partir desquelles elle a déjà conçu un portefeuille de variétés hybrides commercialisables, couvrant les principales catégories de tomates consommées dans le monde. Ces variétés répondent aussi aux standards classiques de l'industrie (résistance aux maladies, goût, durée de vie) tout en étant particulièrement résistantes à la chaleur.
L'entreprise cible désormais des marchés particulièrement exposés aux canicules : Israël, l'Espagne et le Mexique.