Deux ans et demi après le début de la guerre déclenchée le 7 octobre 2023, une nouvelle étude met en lumière une dégradation préoccupante de la santé mentale des enfants et adolescents israéliens. Réalisée à partir des données de près de 250 000 assurés âgés de 4 à 18 ans de la caisse d’assurance maladie Meuhedet, elle révèle une forte augmentation des diagnostics psychiatriques, du recours aux soins psychologiques et de la consommation de médicaments psychotropes.
Selon les résultats de l’étude, le nombre de diagnostics liés à des troubles mentaux a progressé de 18 % depuis le début du conflit. Dans le même temps, les recours à des traitements émotionnels et psychologiques ont augmenté de 22 %, tandis que la consommation de médicaments psychiatriques a bondi de 52 %.
Les chercheurs ont analysé l’utilisation de centaines de traitements médicamenteux, notamment des anxiolytiques, antidépresseurs, psychostimulants et antipsychotiques, ainsi que le recours à différentes formes de prise en charge thérapeutique, allant du suivi psychologique classique à l’art-thérapie, la musicothérapie ou encore l’équithérapie.
L’étude met également en évidence des disparités importantes selon l’âge. Les adolescents de 13 à 18 ans présentent un risque supérieur de 10 % de recevoir un diagnostic de trouble mental par rapport aux enfants de 7 à 12 ans, et plus de trois fois supérieur à celui des enfants de 4 à 6 ans.
Le lieu de résidence apparaît également comme un facteur déterminant. Les enfants vivant dans des localités situées à moins de sept kilomètres d’une frontière présentent un risque deux fois plus élevé de développer des troubles psychologiques ou de nécessiter une prise en charge spécialisée que ceux résidant dans des zones plus éloignées des combats.
Présentée lors de la conférence annuelle de l’Institut national de recherche sur les politiques de santé à Tel-Aviv, l’étude souligne l’impact durable de la guerre sur la jeunesse israélienne.