Dans une tribune publiée ce jour, dimanche, Abdel Rahman Al-Rashed, ancien directeur général de la chaîne saoudienne Al-Arabiya et considéré comme proche du prince héritier Mohammed ben Salmane, estime que le projet d’accord pourrait avoir pour conséquence inattendue de renforcer le Hezbollah et les Houthis.
Selon son analyse des fuites concernant le texte en discussion, un engagement mutuel de non-agression entre les deux camps reviendrait de facto à reconnaître l’Iran et ses alliés régionaux comme des acteurs légitimes. Al-Rashed craint qu’un tel dispositif ne complique durablement les efforts du Liban pour désarmer le Hezbollah et ceux du gouvernement yéménite pour reprendre le contrôle du pays face aux Houthis.
L’éditorialiste s’interroge également sur les mécanismes d’application de l’accord : comment empêcher l’Iran de continuer à armer ses alliés régionaux ? Que se passerait-il en cas d’attaque des Houthis contre des navires appartenant à des pays non signataires ?
Il compare enfin le projet aux accords d’Helsinki de 1975, estimant que les États-Unis pourraient être tentés d’acheter du temps face à Téhéran au prix d’une reconnaissance implicite de rapports de force régionaux qu’ils combattaient jusqu’ici.
À Jérusalem, où les négociations sont suivies avec attention, plusieurs responsables s’inquiètent notamment de la perspective d’un afflux de ressources financières vers l’Iran avant même qu’un accord définitif sur le nucléaire ne soit conclu. Selon des estimations israéliennes, une partie de ces fonds pourrait provenir d’arrangements régionaux impliquant des États du Golfe. « Si l’Iran reçoit de l’oxygène économique, il faut se demander ce qu’il offre en échange », résume un responsable israélien.