Lors du sommet du G7 à Evian, le Président américain a critiqué l'action israélienne au Liban et a suggéré que l'armée israélienne laisse la Syrie s'occuper du Hezbollah. « Si Israël ne peut pas accomplir sa mission au Liban sans tuer tout le monde, alors peut-être que la Syrie devrait s’en charger », a-t-il déclaré.
S'exprimant lors d'une rencontre avec une délégation de notables dans la région de Damas, Ahmad al-Charaa a déclaré que « les rumeurs concernant une entrée de la Syrie au Liban sont sans fondement ». Il a également précisé que la question du tracé de la frontière syro-libanaise ne figurait pas parmi ses priorités immédiates, notamment en raison des crises internes que traverse le Liban, qui gère actuellement le déplacement d'environ un million et demi de personnes depuis le sud du pays.
Des sources arabes ont récemment indiqué que la question libanaise avait été soulevée lors de réunions entre al-Charaa et l'envoyé spécial américain pour la Syrie, Tom Barrack. Selon ces sources, Barrack aurait défendu l'idée d'un lien entre la stabilité syrienne et la stabilité libanaise, et l'administration Trump estimerait que la Syrie devrait jouer un certain rôle dans tout arrangement concernant le Liban.
Des sources proches du journal Al-Akhbar, lié au Hezbollah, ont indiqué cette semaine que l'idée d'une implication syrienne dans le dossier libanais, même limitée à la question frontalière, n'était pas nouvelle et avait déjà été proposée il y a un an. Selon ces sources, les représentants du régime d'al-Charaa auraient à chaque fois décliné cette proposition, arguant que la Syrie traversait une période sensible nécessitant une reconstruction prioritaire sur les plans économique, politique et militaire.
Toujours selon ces sources, la position de Damas bénéficierait du soutien de la Turquie, de l'Arabie saoudite et d'autres pays arabes. Le président turc Recep Tayyip Erdoğan aurait exprimé ses inquiétudes face à ce qu'il qualifie d'« expansionnisme israélien », qu'il présente comme « une menace pour la sécurité de la Turquie ». L'Arabie saoudite, de son côté, estimerait que tout rôle syrien au Liban serait susceptible de précipiter la région vers le chaos.