Les autorités canadiennes enquêtent sur un réseau criminel soupçonné d’avoir orchestré plusieurs attaques contre des sites liés à la communauté juive dans la région de Toronto. Selon la police, les auteurs seraient recrutés via des plateformes de messagerie chiffrée et rémunérés pour mener des opérations violentes destinées à intimider certaines communautés.
Lors d’une conférence de presse, le chef de la police de Toronto, Myron Demkiw, a évoqué un schéma récurrent observé dans plusieurs dossiers récents. Des jeunes seraient approchés en ligne pour commettre des fusillades ou des actes de vandalisme, avec pour consigne de filmer leurs actions afin de prouver leur exécution et obtenir leur paiement.
« Il est évident que les commanditaires cherchent à instaurer un climat de peur, notamment au sein de la communauté juive », a déclaré le responsable policier.
Ces dernières années, plusieurs synagogues, écoles juives et autres institutions communautaires ont été visées par des tirs ou des incendies criminels à Toronto ainsi que dans d’autres villes canadiennes. Si ces attaques n’ont pas fait de victimes, elles ont suscité une vive inquiétude parmi les responsables communautaires.
Un autre responsable de la police de Toronto a indiqué que les enquêteurs faisaient face à une organisation complexe, composée de plusieurs cellules et de nombreux intermédiaires. Selon lui, les personnes impliquées dans les attaques contre des établissements juifs pourraient appartenir à un même réseau criminel. « Nous ne connaissons pas encore l’étendue exacte du phénomène », a-t-il reconnu.
Les enquêteurs ont également constaté que certaines armes circulaient entre plusieurs groupes. Une arme de poing de calibre 9 mm a ainsi été reliée à six fusillades distinctes, tandis qu’un pistolet de calibre .45 aurait été utilisé dans 21 incidents différents.
Une partie importante de l’enquête demeure sous scellés. La semaine dernière, un policier de Toronto a été tué lors d’une opération liée à la fusillade ayant visé le consulat des États-Unis en mars dernier.