International

Comment l'anniversaire de Donald Trump a servi de levier pour arracher l'accord avec l'Iran

Selon une enquête du New York Times, les médiateurs qataris et pakistanais ont exploité cette échéance symbolique pour accélérer les négociations et pousser les deux parties à franchir la ligne d'arrivée.

3 minutes
18 juin 2026

ParNathalie Sosna Ofir

Comment l'anniversaire de Donald Trump a servi de levier pour arracher l'accord avec l'Iran
Crédit : White House

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Les derniers jours des pourparlers ont été marqués par une intense activité diplomatique. D'après le quotidien américain, plusieurs délégations qataries ont effectué des allers-retours entre Doha et Téhéran, avec une consigne claire : ne pas quitter l'Iran sans accord signé. Les médiateurs étaient convaincus que l'humeur du président américain, à l'occasion de son anniversaire célébré dimanche à la Maison-Blanche, pouvait favoriser une conclusion rapide du dossier.

Le message adressé aux dirigeants iraniens était explicite : une réponse au mémorandum devait parvenir avant le début des festivités organisées par Donald Trump. Pour les médiateurs, le calendrier représentait une fenêtre d'opportunité à ne pas manquer.

Mais à Téhéran, l'idée de donner l'impression d'offrir un « cadeau d'anniversaire » au président américain était politiquement difficilement acceptable. Les responsables iraniens ont donc cherché une solution leur permettant de préserver les apparences. Le compromis trouvé a reposé sur le décalage horaire entre les deux pays : l'approbation est intervenue après la fin de la journée anniversaire en Iran, mais avant qu'elle ne s'achève aux États-Unis.

Selon le New York Times, le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a alors demandé au président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, de soumettre le mémorandum au Conseil suprême de la République islamique. Le texte y aurait été approuvé à une majorité des trois quarts.

L'enquête révèle également combien l'accord est passé près de l'échec. Israël aurait tenté de convaincre Washington que l'Iran ne respecterait pas ses engagements. Une frappe israélienne à Beyrouth a ensuite menacé de faire dérailler le processus. Selon le quotidien, l'Iran avait déjà déployé des missiles dans l'ouest du pays et ses forces avaient reçu l'ordre de se tenir prêtes à les lancer.

La direction iranienne aurait alors informé le Qatar de son intention de se retirer de l'accord. Ce n'est qu'après la condamnation publique de la frappe par Donald Trump et sous la pression des médiateurs qataris, qui ont exhorté Téhéran à « ne pas céder aux provocations israéliennes », que l'escalade a été évitée et que les négociations ont pu reprendre leur cours.

L'épisode illustre à quel point les grandes négociations internationales se jouent parfois sur des détails inattendus. Au-delà des enjeux nucléaires et stratégiques, un anniversaire présidentiel, un décalage horaire de quelques heures et une médiation de dernière minute auront contribué à faire aboutir un accord que beaucoup considéraient encore, quelques jours plus tôt, comme hors de portée.


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