Les documents, conservés dans les archives de l'entreprise, retracent des échanges entre Pinhas Rutenberg, fondateur de la Compagnie d'électricité et figure du mouvement sioniste, alors en séjour à Londres, et ses collaborateurs en Palestine sous mandat britannique.
À l'époque, plusieurs députés britanniques opposés à la Déclaration Balfour et au projet sioniste cherchaient à faire annuler les concessions accordées à Rutenberg. Ils estimaient que le projet d'électrification avançait trop lentement et ne justifiait plus le soutien des autorités britanniques.
Conscient des enjeux, Pinhas Rutenberg considérait que l'issue du débat dépassait largement la question de l'électricité. Selon les télégrammes dévoilés, il estimait que le sort de la concession pouvait avoir des répercussions sur l'ensemble du projet sioniste en Palestine.
Depuis Londres, il presse alors ses équipes d'agir rapidement. « Il est essentiel d'annoncer au Parlement lundi que la fourniture d'énergie a commencé », écrit-il dans l'un des télégrammes. Il demande également que l'approvisionnement régulier en électricité soit immédiatement étendu aux rues de Tel-Aviv ainsi qu'au bâtiment du gouverneur britannique.
Le lendemain, la direction de la centrale lui répond que la distribution a effectivement débuté et que plusieurs centaines d'habitants sont déjà raccordés au réseau.