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Israël sous le choc après les attaques de JD Vance et ses allusions à un possible embargo sur les armes

Les mots particulièrement durs du vice-président américain soulève une question plus profonde : Israël est-il en train de perdre une partie de son crédit auprès de son plus proche allié ?

4 minutes
19 juin 2026

ParNathalie Sosna Ofir

Israël sous le choc après les attaques de JD Vance et ses allusions à un possible embargo sur les armes
J.D. Vance, Photo : Flash90

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La charge de JD Vance contre plusieurs ministres israéliens a provoqué la stupeur à Jérusalem. Les responsables israéliens ont été surpris tant par la virulence du ton employé que par les allusions à une éventuelle remise en cause du soutien militaire américain. Malgré cela, Israël a choisi de ne pas répondre publiquement afin d'éviter d'aggraver encore les tensions avec le président Donald Trump, qui a multiplié ces derniers jours les critiques à l'égard du Premier ministre Benyamin Netanyahu.

Dans un message publié jeudi soir, Donald Trump a réaffirmé sa volonté de voir s'instaurer « un cessez-le-feu total sur tous les fronts, y compris au Liban, avec le Hezbollah et Israël », soulignant que les États-Unis restent engagés en faveur de la paix et souhaitent permettre aux négociations avec l'Iran de se poursuivre.

Alors que la quasi-totalité de la classe politique israélienne a dénoncé l'accord en préparation entre Washington et Téhéran, Benyamin Netanyahu s'est gardé de toute attaque frontale contre l'administration américaine. Selon plusieurs observateurs, le chef du gouvernement estime peut-être qu'un accord définitif n'est pas encore acquis ou qu'une nouvelle fenêtre d'action contre l'Iran pourrait s'ouvrir après les élections de mi-mandat aux États-Unis, en novembre prochain. En attendant, le ministre israélien de la défense a déclaré qu'Israël était prêt à une éventuelle action contre l'Iran, y compris de manière autonome.

Le silence de Jérusalem s'explique également par la détermination affichée par le gouvernement israélien de maintenir ses lignes rouges au Liban. Israël refuse toute évacuation du sud du pays et anticipe une pression américaine croissante pour limiter ses opérations militaires. Lors d'un discours prononcé jeudi, Netanyahu a réaffirmé qu'Israël ne se retirerait pas de la zone de sécurité établie au sud du Liban tant que les besoins sécuritaires l'exigeraient, c'est-à-dire tant que le Hezbollah ne se sera pas éloigné au nord du fleuve Litani.

Mais c'est surtout le discours de JD Vance qui a créé le malaise. Selon un responsable israélien, le vice-président américain a voulu adresser un message clair au Premier ministre : « Reprenez le contrôle de vos ministres, cela ne se passera pas sans conséquences. » La même source estime que Netanyahu a « rendu Trump et Vance furieux » et s'interroge sur la détérioration des relations avec une partie du camp républicain, pourtant traditionnellement très favorable à Israël.

Lors d'une conférence de presse, JD Vance a déclaré que Donald Trump était « le seul dirigeant au monde qui manifeste aujourd'hui de la sympathie envers Israël » et a ajouté que, s'il avait été membre du cabinet israélien, il n'aurait « probablement pas attaqué le seul allié puissant qu'il lui reste ». Il a également rappelé que « les deux tiers des moyens de défense qui ont protégé Israël ces derniers mois ont été fabriqués aux États-Unis et financés par le contribuable américain », laissant planer l'idée que cette assistance pourrait ne pas être acquise indéfiniment.

Dans une interview accordée au New York Times avant cette conférence de presse, Vance s'en est également pris aux ministres Itamar Ben-Gvir et Bezalel Smotrich, qui avaient vivement critiqué l'accord avec l'Iran. « Quelle est exactement votre proposition ? Vous êtes un pays de neuf millions d'habitants. On ne peut pas résoudre chaque problème de sécurité nationale en tuant toujours plus de gens », a-t-il lancé.

Itamar Ben Gvir a rapidement répliqué sur les réseaux sociaux : « Voici ma proposition, JD Vance : traiter les nazis du XXIe siècle de la même manière que les États-Unis ont traité les nazis du XXe siècle. » De son côté, le ministre de la Culture Miki Zohar a rappelé que « les renseignements fournis par Israël ont sauvé d'innombrables vies américaines » et que les technologies israéliennes sont largement utilisées par l'armée américaine, affirmant que le partenariat entre les deux pays demeure « essentiel pour le monde libre ».


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