Une heure avant d’être tué dans le sud du Liban dans la nuit de jeudi à vendredi, le sergent Naveh Habsush avait envoyé un message à son père qui résonne aujourd’hui comme un ultime adieu. « Il y a une chance que je rentre dimanche, mais ne le dis pas à maman pour qu’elle ne soit pas déçue s’il m’arrive quelque chose », écrivait le jeune soldat quelques heures avant le drame.
Âgé de 20 ans, Naveh Habsush servait comme chef de char au sein du 52e bataillon de la 401e brigade blindée. Il a été tué lors d’un incident survenu dans le sud du Liban, aux côtés du commandant de son bataillon, le lieutenant-colonel Dor Ben Simhon, ainsi que des sergents Yoav Klein et Liav Kabaya.
Originaire d'Adam en Judée-Samarie, Naveh avait effectué sa scolarité dans la localité avant de poursuivre ses études à la yeshiva préparatoire de Beit Yatir. Après son incorporation dans les blindés, il avait récemment achevé sa formation de chef de char et envisageait de poursuivre son parcours militaire en intégrant un cours d’officiers.
Son père, Haim Habsush, raconte un jeune homme profondément attaché à son service militaire. « Il voulait initialement rejoindre Golani, puis il a décidé d’aller là où l’armée avait besoin de lui. Il répétait toujours qu’il donnerait le meilleur de lui-même », confie-t-il.
Depuis ces derniers mois, Naveh servait au Liban. La dernière rencontre avec sa famille remontait à deux semaines. « Il nous a dit qu’il était sorti du Liban pour réparer son char. Nous sommes allés le voir rapidement, puis il est reparti au combat le jour même », se souvient son père.
Après sa mort, sa mère a découvert un journal intime dans lequel Naveh avait consigné ses réflexions sur son engagement militaire. Des écrits qui témoignent de son profond sens du devoir et de sa volonté de contribuer à la défense du pays.
« Je servirai avec une immense joie, où que j’aille », avait-il notamment écrit. Dans un autre passage, il expliquait sa motivation : « Certains disent que je me laisse exploiter et que j’accomplis seul des tâches que tout le monde devrait faire. Mais je veux agir, m’investir et avoir le plus d’influence possible. Non pas parce que quelqu’un profite de moi ou me force à faire quoi que ce soit, mais parce que je comprends l’importance du service militaire et que nous sommes venus au monde pour de telles missions. Si je suis dans l’armée, c’est pour que des enfants puissent naître dans ce pays. »