D'après le magazine américain de géopolitique, Téhéran pourrait surestimer sa marge de manœuvre au lendemain de la guerre. Si la République islamique est sortie du conflit avec un sentiment de confiance renforcé et une nouvelle capacité de dissuasion autour du détroit d'Ormuz, cette position pourrait rapidement se retourner contre elle.
Principal point de friction : la volonté iranienne de maintenir de nouvelles règles dans le détroit, notamment l'instauration de taxes et de restrictions de navigation. Téhéran y voit un moyen de renforcer son économie et d'affirmer son influence régionale.
Pour Nate Swanson, auteur de l'analyse, cette stratégie comporte toutefois un risque majeur. En transformant le principal couloir maritime mondial pour le transport du pétrole en source de revenus et d'influence politique, l'Iran pourrait pousser ses partenaires commerciaux à rechercher des routes alternatives, accélérer les efforts internationaux visant à contourner Ormuz et raviver les tensions régionales.
L'analyste estime également que cette politique pourrait isoler davantage Téhéran. Des entreprises internationales pourraient renoncer à utiliser des infrastructures placées sous l'autorité d'organismes liés aux Gardiens de la révolution, eux-mêmes sous sanctions américaines, européennes, canadiennes et australiennes.
L'expert va plus loin : selon lui, la capacité de l'Iran à bloquer le détroit constitue aujourd'hui son principal atout stratégique. Chercher à monnayer ce levier risquerait paradoxalement d'en diminuer la portée dissuasive et d'offrir des arguments supplémentaires aux partisans d'une ligne dure aux États-Unis et en Israël.