Le fonds souverain du Qatar, l'un des principaux actionnaires de Volkswagen avec environ 17 % du capital, retarde un projet de coopération entre le constructeur automobile allemand et le groupe israélien Rafael. Doha s'opposerait à un accord visant à produire en Allemagne des composants destinés au système de défense aérienne israélien Dôme de fer dans l'usine Volkswagen d'Osnabrück, en Basse-Saxe, jusqu'ici dédiée à la production de véhicules décapotables. En avril dernier, Rafael et Volkswagen avaient signé un protocole d'accord afin d'étudier la fabrication de composants du Dôme de fer sur le site allemand.
Pour Rafael, ce partenariat revêt une importance stratégique. Il permettrait au groupe israélien d'accroître ses capacités de production, de sécuriser ses chaînes d'approvisionnement et de renforcer sa présence industrielle en Europe, alors que la demande en systèmes de défense aérienne connaît une forte progression sur le continent.
L'enjeu est également majeur pour Volkswagen. Confronté à des surcapacités industrielles et à la baisse de rentabilité de certains de ses sites, le constructeur cherche à diversifier ses activités et à se positionner sur le marché de la défense, en plein essor depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine et le réarmement de plusieurs pays européens.
L'opposition du Qatar pourrait donc avoir des conséquences dépassant le seul cadre des relations israélo-qataries. Elle risque de compliquer les efforts de reconversion industrielle de Volkswagen et de retarder un projet présenté comme potentiellement créateur d'activité pour les quelque 2 300 salariés de l'usine d'Osnabrück.